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jeudi 22 mars 2018

Qu'en est-il de la personne de référence en multi accueil ?



Amis lyonnais, Le 31 mars prochain se déroulera au Collège Gilbert Dru, une journée de formation dont le thème sera : 

Qu’en est-il de la personne de référence en multi accueil ?

Même si cela concerne surtout le personnel de l'accueil collectif, cette journée peut toutefois s'avérer très intéressante pour les assistantes maternelles aussi. En effet, lorsque l'on regarde le contenu, on peut s'apercevoir qu'une partie de la journée est consacrée aux besoins corporels, affectifs et relationnels d’un tout jeune enfant. Ça parlera à tout le monde n'est-ce pas ? 



Alors évidemment, la notion de personne de référence pour une assistante maternelle ça peut paraître un peu hors sujet (puisque par définition l'assistant maternel est seul responsable de l'enfant pendant son temps d'accueil) mais je suis sûre que cela peut quand même donner des pistes pour la résolution de certains problèmes. De plus, c'est indispensable pour celles et ceux qui seraient tentés par la grande aventure de l'accueil collectif. Pour postuler dans une crèche par exemple, une ligne sur votre cv qui indiquerait que vous avez suivi cette formation serait un atout indéniable.

Cerise sur le gâteau, cette formation vous est proposée avec un tarif réduit à 20 euros pour les assistantes maternelles. Alors on y court ! 

Pour en savoir plus cliquez là ! 

Avec Diana ZUMSTEIN Psychologue
Durée 1 jour (09 h 30-17 h 30)
Dates 31/03/2018
Lieu Collège Gilbert Dru - LYON
Tarif 120 €
Adhérents : 60 €
Étudiants et assistantes maternelles : 20 €

Image Pikler.fr

samedi 21 octobre 2017

La rencontre de Novembre des assistantes maternelles : l’aménagement de l’espace au domicile

Image pikler.fr
Ami-e-s assistant-e-s maternel-le-s ( non décidément je ne m'y ferais jamais à l'écriture inclusive !) de la région lyonnaise, on se retrouve tous, le 16 novembre 2017 de 19 h 30 à 21 h 30 au collège Gilbert Dru à Lyon 3, pour la rencontre de novembre des assistantes maternelles.

Le thème de cette année : l'aménagement de l'espace au domicile

L'intervenant de cette année : SYLVIE LAVERGNE. De toute façon, rien que pour elle, vous devez y aller : elle est incontournable ! 



"Aménagement adapté du domicile d’une assistante maternelle suivant les tranches d’âges – l’espace de jeu, de repos, de sommeil, de toilette et de repas:

Sur quoi être attentif

Comment l’assistante maternelle accompagne l’enfant dans la compréhension et l’intégration progressive des règles d’utilisation de ces espaces.

Comment favoriser le développement psychomoteur de chaque enfant dans un appartement sans changer les meubles de place ?"

Allez, on se voit bientôt donc. N'est-ce pas ? 

dimanche 5 février 2017

Soirée petite enfance à la librairie Rive Gauche


Une grande chance pour vous, amis lyonnais ! 

Dans le cadre de la présentation du livre “L’approche Piklérienne en multi accueil” à Lyon, vous êtes invités à une soirée petite enfance à la Librairie Rive Gauche le jeudi 16 février à 19h30. 


Véronique Sztark, psychologue clinicienne, nous éclaire sur « l’approche piklérienne en multi-accueil » dans un livre publié par Erès fin 2016. Les principes d’Emmi Pikler (pédiatre hongroise du siècle dernier) : regarder le bébé grandir à son rythme, lui permettre de prendre une part active dans son développement, le considérer comme un interlocuteur véritable dans la relation… sont ici revisités à l’aune des pratiques d’aujourd’hui. 

Entrée libre 

Librairie Rive gauche 19, rue de Marseille 69007 Lyon 

Tél. 04 78 72 72 45 

contact@librairierivegauche.com

Merci à Sylvie Lavergne pour cette information.

mercredi 11 novembre 2015

LA RENCONTRE DE NOVEMBRE DES ASSISTANTES MATERNELLES



La prochaine rencontre de novembre des assistantes maternelles du groupe lyonnais de l'association Pikler aura lieu le 26 novembre 2015. 

Elle aura pour thème :

 L’importance du rôle des paroles adressées à l’enfant
 dans la construction de l’image de soi.


Contenu

Bien avant de parler lui-même, le petit enfant est réceptif et sensible à la parole. Celle-ci est indispensable au développement de la vie psychique et à l'humanisation. Mais elle peut être aussi une arme qui blesse et porter atteinte à la personne de l'enfant en devenir.

Il est donc nécessaire de réfléchir tant à son contenu qu'à sa forme : aux mots eux-mêmes, mais aussi à la tonalité, au volume de la voix, au rythme des paroles, à l'expression du visage et aux mouvements du corps de l'adulte qui colorent le message verbal et lui confèrent une signification et un impact spécifiques. 

L'ensemble de ces éléments va infléchir la communication entre l'adulte et l'enfant et jouer un rôle déterminant dans la construction et le climat de leur relation. 

Tous les renseignements nécessaires sont ci-dessous

Horaires  Accueil dès 19h - de 19h30 à 21h30 
Tarifs 8 € - tarif individuel uniquement  gratuit pour les adhérents  (un reçu pourra être remis aux participants) 
Intervenante Nicole SIMON-BOGAERS, psychologue 
Lieu Collège Gilbert Dru - 42 rue Jeanne Hachette - 69003 LYON   

PAS D’INSCRIPTION PRÉALABLE 

Profitez-en aussi pour visiter le site de l'association qui arbore un tout nouveau look beaucoup plus attractif. Ne vous fiez cependant pas au descriptif de cette formation sur le site, qui nous présente le contenu de l'année dernière. L'erreur est humaine ! 

J'espère vous retrouver là-bas .  

mercredi 18 mars 2015

CHANTS ET COMPTINES AVEC LES JEUNES ENFANTS

Voici le contenu de la prochaine soirée débat lyonnaise. Elle se déroulera le 26 mars prochain au Collège Gilbert Dru à Lyon 3 :






CHANTS ET COMPTINES AVEC 
LES JEUNES ENFANTS
Intérêts pour l'enfant, pour l'adulte
 et pour la relation







Problématique

Chants et comptines sont des temps de plaisir, de musique, de langage et de rencontre entre adulte et enfant. Et en connaissant mieux l’intérêt et la diversité, comment les valoriser et leur faire une place durant la journée d’accueil du jeune enfant ?. Comment d’un ressenti personnel, construire une activité professionnelle ?

Contenu

Les origines des comptines et berceuses, leurs racines communes. Leur transmission qui permet de s’inscrire dans une histoire culturelle, humanisante.

Rencontre avec un monde sonore et sa rythmique, les chants et comptines participent aussi au développement psychomoteur.

Partagés d’abord entre un adulte et un enfant, ils accompagnent l’individualisation de leur relation dans un espace « entre-deux », un espace transitionnel qui, de l’intime ouvrir au social.

Une « mise en bouche » de différentes comptines, permettra d’en éprouver /retrouver les ressentis quelles peuvent susciter ; et de réfléchir à partir d’une proposition de classification, à leur place et leur utilisation dans un temps d’accueil.



Intervenant(s) :
Olivier GILLY, éducateur jeunes enfants
Durée : 1 jour
Date(s) : 26/03/2015
Lieu : Rhône Alpes
Tarif : 8 €

Gratuit pour les adhérents
Tarif individuel uniquement
Pas d'inscription préalable
Un reçu de paiement pourra être remis aux participants

La soirée se déroulera de19h30 à 21h30 - Accueil à partir de 19h00
au Collège Gilbert Dru - 42 rue Jeanne Hachette - 69003 LYON


mardi 27 janvier 2015

Prochain stage lyonnais : ACTIVITES LIBRES, ACTIVITES DIRIGEES...Que proposer aux enfants entre 18 mois et 3 ans ?

Voici une proposition de stage qui va intéresser les lyonnais. Il s'agit d'une formation qui se déroulera à Lyon les 2-3 et 26-27 mars prochain, sur le thème :


ACTIVITES LIBRES, ACTIVITES DIRIGEES, ACTIVITES PROPOSEES, ACCOMPAGNÉES ?
Que proposer aux enfants entre 18 mois et 3 ans ?


Référence : ST391 - Lyon







Problématique

Que recouvrent ces termes si souvent employés dans les projets pédagogiques ?
S’agit-il pour les enfants de faire des activités ou bien d’être actif ?
S’agit-il des actions des enfants ou de ce qui est mis en place par les adultes ?
Participer à une activité induit-il une action volontairement décidée par l’enfant ?

Contenu

Qu’est-ce qu’être actif pour un jeune enfant ?
Le rôle de l’activité autonome dans les apprentissages, le développement de l’intelligence, la construction de la personne.
Les besoins spécifiques de chacun, comment on y répond, prenant en compte aussi ses intérêts et capacités du moment, dans des groupes d’âges homogènes et d’âges mélangés ?
Les conditions à mettre en place pour que l’aménagement de l’espace, le choix de matériel et de jouets adaptés permettent un libre-choix de l’enfant et ne deviennent pas un « laisser-tout-faire ».
Mieux identifier le rôle de l’adulte à réfléchir pour que l’activité de l’enfant soit un plaisir d’agir et ne soit pas remplacé par une errance stérile.

Méthodes de Travail 

La formation est interactive, basée sur des apports de connaissances théoriques et cliniques qui peuvent être illustrés de séquence de film. Analyse de situations apportées par les participants eux mêmes. Travaux de groupe.
Synthèses et bilans viendront ponctuer la formation.

Public 

Cette formation s'adresse à tous les professionnels de la Petite Enfance et de la Famille, ou toutes autres personnes concernées et en relation avec le jeune enfant et ses parents

Intervenants : Sylvie MUGNIER, psychologue
                Olivier GILLY, éducateur de jeunes enfants

Durée : 4 jours de 9h30 à 17h30

Dates  et Lieu : 2-3 mars et 26-27 mars 2015
                        Ecole Rockefeller EIAS
                        4 avenue Rockefeller
                        69373 Lyon Cedex 08

 Tarif :                720 €

Pour plus de renseignements, veuillez contacter l'association sur le site Pikler

Formulaire d'inscription :


mercredi 2 avril 2014

Compte-rendu : LE SOMMEIL DU JEUNE ENFANT EN COLLECTIVITE -

C'est le 20 mars dernier que s'est tenue au Collège Gilbert Dru de Lyon 3, la soirée débat Pikler sur le thème du sommeil en collectivité. Elle était animée par  Isabelle DELIGNE, médecin en crèche et PMI, devant un public qui s'était "modérément" déplacé (on ne jouait pas à guichet fermé cette fois !). 

Le thème pouvant être résumé à la question "Comment aider les enfants à bien dormir dans la structure", j'ai failli moi-même ne pas m'y rendre, puisque je travaille à mon domicile et non en structure collective. C'eût été une erreur car la soirée était assez généraliste pour intéresser les assistantes maternelles mais aussi les parents.  Elle s'est déroulée en deux temps. Une première partie a été consacrée à un rappel sur l'organisation du sommeil en général, puis nous avons enchaîné sur une discussion appuyée par un montage vidéo où l'on suit une petite fille de 1 an (Mélina) dans différents moments de la journée jusqu'à son endormissement.

I Organisation du sommeil : grande fonction organisatrice du corps et pas que du corps

a) Commençons donc par quelques rappels physiologiques. 

Les humains sont soumis à des rythmes biologiques. Notre rythme principal c'est de dormir la nuit et d'être éveillé le jour. C'est le rythme circadien (24 h) avec des variations individuelles. A cela se rajoute le rythme ultradien (plusieurs fois dans la journée). C'est une histoire de génétique (et non pas simplement une histoire de glucose souligne Isabelle Deligne). Nous avons tous des baisses de vigilance qui suivent la courbe de température. Ce rythme est plus court pour les bébés, c'est pour cela que si le temps d'éveil est trop long, ils s'agitent. 

A cela s'ajoutent aussi des variations mensuelles (cycles menstruels) ou saisonnières. Plus on suit cette organisation, plus on est en forme. Ne pas suivre ces rythmes, c'est s'exposer à beaucoup de fatigue. 

b) Parlons maintenant du sommeil en lui-même.

Chez l'adulte on s'aperçoit qu'il y a deux grandes phases de sommeil : 

- le sommeil lent : le cerveau se met au repos, on note une lenteur du coeur et de la respiration mais le corps se tient. C'est une phase de récupération de la fatigue physique. Il y a une sécrétion d'hormones de croissance (réparation du corps, des tissus malades) et d'hormones sexuelles. On note aussi la fabrication des anticorps, et le renouvellement de l'énergie du cerveau ; 

- le sommeil paradoxal : on voit une activité du cerveau rapide. Les yeux bougent. La respiration et le coeur s'accélèrent, mais le corps lui est lâche, sans tonus. C'est un moment de maturation cérébrale, de construction de la mémoire, de remaniement émotionnel, de réaménagement de ce que l'on a vécu. Ce sommeil arrive en fin de nuit.

On symbolise souvent le sommeil comme un train : on parle du train du sommeil. La locomotive qui représente l'endormissement passe régulièrement, mais il faut sauter dedans quand elle passe. Tous les rituels qu'on met en place, c'est la locomotive. Puis on passe dans le sommeil lent dans lequel on s'enfonce de plus en plus profondément, vient ensuite une phase de sommeil paradoxal. Le cycle est alors fini mais on peut enchaîner sur un deuxième cycle. Pour les adultes le cycle dure de 1 h 30 à 2 h Au fur et à mesure de l'enchaînement des cycles le sommeil paradoxal prend plus de place.

Chez le tout petit, c'est différent.

Le foetus est un gros dormeur, mais il a sans doute un sommeil différent. Il dort indépendamment de sa mère, beaucoup le matin. A l'accouchement, le bébé dort. Quand il se réveille, c'est un signe de souffrance. Ce sont les contractions qui le réveillent. 

Les bébés dorment beaucoup (ou sinon ils pleurent beaucoup). Ils s'endorment dans un sommeil agité, comme si l'urgence c'était de donner du sens aux informations. Ils passent plus de la moitié du sommeil dans un sommeil agité (équivalent du sommeil paradoxal de l'adulte). C'est une phase de sommeil qui trouble beaucoup les adultes. On pense qu'ils ont besoin de nous. Les bébés sont même parfois réveillés par les adultes alors que c'est un sommeil à respecter. Ils font parfois des poses physiologiques qui peuvent durer 15 secondes. 

Après ce sommeil agité, le bébé passe à un sommeil lent qui ne dure que 20 minutes. On peut même penser que la phase d'avant n'est pas du sommeil et donc que le petit n'a dormi que 20 minutes. 

Il faut suivre son rythme. On ne peut pas forcer la nature. Au bout de 2 ou 3 mois leurs phases de sommeil ressemblent plus à nos propres phases mais ils continuent à s'endormir en sommeil paradoxal jusqu'à 8 mois.  D'ailleurs, on notera que le bercement ne marche que jusqu'à 8 mois (tant que l'enfant s'endort en sommeil paradoxal). Jusqu'à 3 ans, les cycles vont durer 1 heure.

Vers 8/9 mois, ils s'endorment progressivement, comme les adultes : ils sentent qu'ils s'endorment. C'est donc le grand moment pour les rituels d'endormissement.

source : http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/challamel/prosom/train2.php


c) les troubles du sommeil de l'enfant

Chez les enfants, les cauchemars sont très rares. Le plus fréquent, ce sont les terreurs nocturnes. Elles arrivent pendant le sommeil lent profond et en début de nuit : l'enfant hurle mais il dort, comme un somnambule. C'est un loupé. Elles arrivent souvent quand il s'est passé beaucoup de choses dans la journée (émotionnellement) provoquent des manifestations physiques de peur, mais pas de souvenirs. L'enfant est troublé si on le réveille.

Le cauchemar n'a rien à voir. Il arrive plutôt en fin de nuit. L'enfant appelle, est effrayé et s'accroche à l'adulte. Il s'en souvient ce qui dérange l'endormissement du lendemain. Il ne faudra pas alors "traquer les monstres" dans la chambre quand l'enfant ira se coucher ("mais non tu vois il n'y a  pas de montres dans l'armoire") mais plutôt lui expliquer que c'est son corps qui lui a fait une farce. 

II Le dvd de Mélina

Le reste de la soirée était donc basé sur une vidéo nous présentant Mélina 1 an que l'on voit dans différents moments de la journée, dans une crèche collective accompagnée de l'auxiliaire qui s'occupe d'elle. Avant le visionnage, l'intervenante nous explique le fonctionnement de la structure : les enfants dorment dans des lits/matelas au sol dans la pièce qui sert aussi de salle de jeux et d'activités. Elle nous dit aussi que ce jour là une auxiliaire était malade. 

Le film nous est présenté en plusieurs étapes et à chaque extrait, nous avons pour mission de repérer les éléments qui vont aider l'enfant à s'endormir. Nous comprenons très vite qu'il ne faut pas se focaliser sur le moment de l'endormissement mais s'intéresser à la journée entière. 

On voit dans le dvd que les enfants dans cette crèche ne sont pas tous couchés en même temps. Les coucher en même temps, ce serait prendre le risque que des difficultés apparaissent. Il faut coucher les enfants quand ils en ont besoin et donc se questionner sur l'organisation de la structure. Là, on comprend tout l'intérêt de faire dormir les enfants dans le lieu de vie lui même plutôt que d'utiliser un dortoir séparé. 

On s'est ensuite intéressé à la journée de Mélina en essayant de repérer dans la journée tout ce qui va favoriser l'endormissement. 

On verra alors toute l'importance de la bientraitance et de la traque des douces violences au cours de la journée. Grâce aux interventions de l'auxiliaire, nous prenons conscience de l'importance : 

- de prévenir les enfants de ce qui va se passer ; 

- de favoriser la sécurité intérieure par des détails comme attendre que l'enfant soit prêt pour le prendre ;

- personnellement, j'apprends alors qu'il vaut mieux éviter d'employer le "on" ; par exemple il vaut mieux dire "je vais te changer ta couche" plutôt que "on va changer la couche" ; 

- d'organiser la journée et de scander le temps avec les enfants ;

- d'avoir des temps de repas et de soins dans lesquels on est en relation avec l'enfant ; 

- de veiller à la satisfaction des besoins fondamentaux de l'enfant. 

En résumé, c'est la bientraitance qui aidera l'enfant dans son endormissement. Or pour être "bientraitant", on ne peut pas être tout seul. Il faut être toujours en recherche de bien faire. On ne peut pas toujours se référer aux choses que l'on a apprises il y a longtemps par transmission familiale par exemple. Il faut apprendre à se remettre en question tout le temps, ce qui pour nous assistantes maternelles est plus compliqué puisque par définition nous travaillons seules à la maison.

Si la qualité du lien et un certain nombre de petites choses comme dire avant de faire, aide l'enfant dans son endormissement, on verra aussi que parler à l'enfant de ses parents permet de le rassurer.

On verra aussi dans un dernier extrait, l'importance du jeu libre pour l'enfant. On observera par exemple Mélina qui, au sol sur le dos  travaille tranquillement, en tapant 2 étoiles identiques l'une contre l'autre. Ce jeu symbolise la séparation et l'enfant rejoue ainsi très certainement la séparation du matin. Souvent, les enfants ne s'endorment pas parce qu'ils ont peur de perdre leurs parents. 

Vous l'aurez peut être remarqué : chez Pikler on ne voit pas l'endormissement comme un problème et on regarde la globalité de la vie. 

La soirée s'est terminée sur une série de questions libres dont l'une d'elles m'a permis d'apprendre qu'il existait parfois de "drôles" de protocoles d'endormissement dans les structures collectives ! Une personne a ainsi témoigné en nous disant que dans sa crèche, pour prévenir la mort subite, les enfants devaient obligatoirement dormir sur le dos et ce, jusqu'à 9 mois ! Le personnel avait donc ordre de repositionner systématiquement  les enfants sur le dos au risque de perturber leur sommeil. 

Si cette façon de faire me semble correcte pour un tout petit, elle me parait totalement inadaptée pour un grand bébé de 9 mois, capable de soulever sa tête et de se positionner un peu comme il veut ! Isabelle Deligne pensait d'ailleurs la même chose, nous disant qu'elle, à titre personnel, ne donnerait jamais ce genre de protocole, qu'il y avait toujours ce fameux problème d'interprétation des règles dans les différents départements et que dans les faits, on a pu remarquer qu'en matière de mort subite c'est le lien qui protège l'enfant : il n'y a pas de mort subite quand l'enfant dort dans la pièce de vie. 

Je suis ressortie de la réunion contente. Contente parce qu'en matière de connaissances sur le sommeil une bonne révision n'était pas de trop ! Contente aussi parce qu'instinctivement j'ai choisi il y a déjà plusieurs années d'accueillir les enfants de cette manière là, en faisant dormir les tout petits dans la pièce à vivre au milieu des autres enfants et en ne fermant plus aucune porte lors de la sieste des plus grands qui eux dorment dans les chambres de mes enfants. Je faisais ainsi du Pikler, sans savoir que c'en était ! 




lundi 25 novembre 2013

Activité libre, activité autonome : intérêt pour l’enfant ? Rôle de l’adulte ? Importance de l’environnement ?

Le 21 novembre dernier, comme tous les ans j'ai assisté aux rencontres de novembre des assistantes maternelles organisées par le groupe lyonnais de l'association Pikler. 

Cette année, la soirée avait pour thème :

Activité libre, activité autonome : 
Intérêt pour l’enfant ? Rôle de l’adulte ? Importance de l’environnement ?


J'avais déjà assisté à des réunions sur l'activité libre, mais j'y suis allée tout de même avec un grand enthousiasme grâce au petit résumé du contenu que nous proposait le site de l'association : 

Comment, au domicile de l’assistante maternelle, aménager l’espace, proposer du matériel et des jouets adaptés pour permettre un libre-choix de l’enfant sans pour autant « laisser-tout-faire » ? 

De cette phrase là, j'en attendais beaucoup. Trop sans doute puisqu'au final, sur le sujet précis  qui m'intéressait (l'aménagement de l'espace et le "laisser-tout-faire") j'ai été un peu déçue, l'intervenant lui-même avouant non sans humour, qu'il n'en avait pas beaucoup parlé, mais que c'était pour qu'on soit obligé de l'inviter à nouveau  l'année prochaine ! 

Ma petite déception digérée, je dois admettre que la conférence fut quand même bien menée, que je l'aurais très certainement adorée si j'avais moins bien maîtrisé le sujet, et que au final, j'ai quand même réussi à apprendre des choses et à trouver de nouvelles idées pour mes petits trolls.

Mais, plutôt que de vous raconter ma vie, entrons donc dans le vif du sujet :

le compte-rendu !

C'est devant une assistance un peu moins clairsemée que l'année dernière (bien qu'encore beaucoup moins dense que lorsqu'il s'agit d'une soirée où tous les professionnels de la petite enfance sont conviés) que l'animateur de la soirée, Olivier Gilly, a donc pris la parole. 

Olivier Gilly est un pédagogue de formation qui a la particularité d'avoir une double casquette d'architecte d'intérieur et d'éducateur de jeune enfant. Il travaille dans un centre de formation en région parisienne (le CERPE) et intervient dans des crèches familiales. 

Quelques personnes dans l'assistance ne connaissant pas les travaux d'Emmi Pikler, la soirée a débuté par un rappel sur cette pédiatre hongroise qui a dirigé la pouponnière de Loczy et qui a cherché par ses travaux à minimiser les carences des enfants privés de milieu familial ( Loczy accueillait au départ des enfants qui devaient être séparés de leur mère atteinte de tuberculose). 

Son travail s'inscrit dans la mouvance des pédagogies nouvelles qui bien que présentes dès le début du XIXème siècle, ont réellement vu le jour après la 1ère guerre mondiale avec la prise de conscience que l'humanité courrait à sa perte. Certains pédagogues ont mené une réflexion sur ce qu'il fallait faire pour changer la société et éduquer les enfants différemment. 

Emmi Pikler se retrouve tout à fait dans ce courant de pensée dans lequel on considère l'enfant comme un individu à part entière, en lui faisant confiance et en le regardant de façon individuelle. Cependant, contrairement aux autres pédagogues, elle a la particularité de s'intéresser surtout aux nourrissons.

Pour Olivier Gilly, le travail de Pikler repose sur 4 principes de base : 

-l'importance de l'activité autonome, librement choisi par l'enfant (l'enfant doit être l'acteur de son activité au sens large du terme)

- la valeur des liens tissés entre une personne en particulier avec un engagement dans une relation qui a du sens ;

- la nécessité de favoriser chez l'enfant la prise de conscience de lui-même et de son environnement avec une réflexion sur le choix des jouets, l'organisation de l'espace et un important soutien du travail des gens qui s'en occupent. Emmi Pikler ayant beaucoup travaillé sur tout ce qui pouvait aider les nurses de l'institution dans leur travail, Olivier Gilly a, par comparaison, soulevé le problème de la non-reconnaissance du métier d'assistant maternel ; 

- l'importance d'un bon état de santé général de l'enfant (qui découle de l'addition des trois facteurs précédents) : veiller que les enfants aillent bien et grandissent bien au niveau affectif.

Après cette présentation, Olivier Gilly nous a parlé des activités en elles-mêmes en insistant sur l'importance à donner aux activités autres que celles basées sur l'intelligence. Pour Pikler, il faut être en lien avec les besoins essentiels de l'enfant. Lorsque l'on travaille ainsi, un reproche revient souvent : celui de laisser faire n'importe quoi à l'enfant. Mais ce n'est pas le cas, en agissant ainsi, on laisse l'enfant aller jusqu'au bout de son projet. Mais il n'est pas question de faire n'importe quoi. On doit juste s'interroger sur ce qui permet à l'enfant d'être actif au sens où Pikler l'entend.

Tout le travail consiste à ne pas tomber dans les travers d'une société activiste qui demande d'être dans la production (il faut un résultat). "Il faut mettre un frein sur cette accélération", l'animateur nous donnant l'exemple d'une crèche où il était proposé des ordinateurs aux enfants. Les attentes sont de plus en plus pressantes. On propose trop tôt des activités pour lesquelles les enfants ne sont pas prêts : par exemple on donne des cahiers d'activités graphiques à des enfants qui tireraient plus de bénéfices à s'entraîner à sauter à pieds joints. On note d'ailleurs que les activités au niveau du corps ne sont pas toujours soutenues alors qu'il est important de considérer l'enfant entier.

Olivier Gilly nous a ensuite parlé des préalables qui permettent à l'enfant de se mettre en activité en nous rappelant que pour Pikler, l'enfant ne peut être actif que si on a mis en place des choses qui lui permettent de se sentir en sécurité. L'enfant, privé de ses parents ne peut pas jouer si il ne se sent pas en sécurité physique et affective. Il est ainsi inutile de proposer un jeu à un enfant en difficulté : 

La qualité du lieu d'accueil : 

Chez une assistante maternelle, il faut tenir compte de ce sentiment de sécurité et se demander comment les besoins des différentes tranches d'âge peuvent être protégés sans que les uns ne gênent les autres. Ce qui va garantir le sentiment de sécurité, c'est de mettre en place des espaces qui permettent aux enfants d'aller au bout de leurs expériences sans gêne et sans danger pour les autres. L'organisation de l'espace doit être étudiée pour garantir la sécurité des bébés mais aussi des grands. La sécurité affective est liée à cela. La qualité de l'accueil a une incidence sur l'engagement de l'enfant dans les activités.

La qualité des soins :

Pour Pikler, c'est autour des moments privilégiés à deux que s'installe la sécurité (soins et repas). Pour que l'enfant joue bien, il faut que l'adulte s'occupe bien de lui, qu'il soit suffisamment nourri de relations. Cela lui permet de s'engager dans l'activité. Il faut donc porter une grande attention aux soins et aux repas. L'enfant qui a reçu suffisamment de nourritures relationnelles peut être plus actif. 

Il faut ensuite tenir compte du développement psychomoteur de l'enfant. : 

Au départ, le bébé qui arrive tout petit chez l'assistante maternelle est à une période particulière de sa vie : 

- il n'est pas différencié de sa mère ;
- il a une connaissance partielle de lui-même.

Il faut donc penser à des espaces d'éveil qui lui permettent de traverser cette période, sans provoquer de situations trop tôt, sans le mettre dans des positions dans lesquelles il ne peut pas se mettre tout seul, car en faisant ainsi, on le prive d'étapes qu'il ne peut ainsi pas découvrir par lui-même (mettre un hochet dans les mains d'un bébé par exemple n'est pas une bonne idée ; il vaut mieux le poser à côté de lui). Il faut simplement proposer des stimulations indirectes par le milieu ambiant. Certains jouets seront à éviter comme les centres d'activités qui n'apportent rien. Olivier nous citera l'exemple d'une boite à musique bilingue alors que rien ne peut remplacer le chant de l'assistante maternelle (si faux qu'elle puisse chanter rajoutera-t-il !). En règle générale, il faudra se méfier des jouets complexes. 

Quand l'enfant grandit, il commence à jouer autour de la disparition. Il expérimente la présence et l'absence. On pourra alors lui proposer des récipients, divers contenants pour mettre des objets dedans. Tout ceci est en lien avec la disparition de sa mère. Il se sait désormais différencié de sa mère. Encore une fois, nous n'avons pas besoin d'acheter des jouets complexes. 

Viendra ensuite le temps des activités motrices qui sont un vrai secteur à travailler. Il faut réfléchir à la place qu'on leurs consacre. Chez beaucoup d'assistantes maternelles, le canapé est interdit aux enfants alors que celui-ci est pile à la bonne hauteur pour s'aider à se mettre debout et aussi à la hauteur idéale pour grimper. Si on décide de l'interdire, on doit proposer autre chose qui permette à l'enfant de grimper et de descendre. L'espace doit être aménagé de façon à ne pas passer son temps à interdire, et à éviter les risques. Il doit être pensé pour ne pas mettre en danger les enfants mais aussi ne pas mettre l'assistante maternelle en difficulté. Il est bon  d'utiliser l'environnement pour proposer des choses intéressantes comme des coussins de canapé, des bouées. Il faut être attentif aux grands mouvements, mais aussi aménager des petites cachettes (en transformant une table en cabane par exemple). D'ailleurs Olivier, si vous me lisez, sachez que contrairement à ce que vous nous disiez, il existe belle et bien dans le commerce des nappes-cabanes toutes faites comme ici par exemple : 

http://www.thetrendygirl.net/2012/06/cabane-dinterieur-en-nappe.html/nappe-cabane-enfants-1
Pour résumé, les enfants ont besoin de bouger. Il doit y avoir alternance entre des moments de concentration et des moments de grands mouvements. D'ailleurs, ils ne peuvent se concentrer que s'ils peuvent faire de grands mouvements à leur rythme à eux. 

Arrivent enfin les activités classiques avec les jeux d'imitation. Il faudra penser à proposer des objets pour favoriser cela comme des vêtements d'adultes, des chaussures, des tissus, foulards.... Les jeux symboliques permettent à l'enfant de remettre en scène. On proposera des poupées, des dînettes avec des espaces qui permettent de remettre en scène les repas (tout cela ne sera pas forcément semblable à la réalité) , des objets qui permettent de faire le ménage, des balayettes plutôt que des balais qui peuvent s'avérer dangereux, des jeux de construction simples (on prendra soin de scinder les quantités dans des petites boites selon le nombres d'enfants, chacun ayant sa boite), des petits personnages, des garages très simples les enfants ne s'intéressant qu'à la pente et à l'ascenseur, des animaux. L'intervenant nous a conseillé à ce sujet de faire attention au type d'animaux que l'on proposait, les animaux trop sauvages pouvant impressionner les enfants. J'avoue que je n'y avais pas pensé et que je vais désormais faire plus attention à ce genre de choses. 

On peut proposer aussi des jeux de transvasements de sable ou d'eau. Il parait que beaucoup d'assistantes maternelles n'osent pas se lancer dans ce genre d'activités, pensant que c'est difficilement gérable. C'est pourtant simple nous dit l'animateur : pour le sable, il suffit d'utiliser un plateau à rebords, d'y mettre 3 cm de sable et deux ou trois objets pour permettre le transvasement, le tout installé sur une table. Je confirme c'est très simple et les enfants adorent : pas besoin de grand bac à sable ou de matériel compliqué. Peut-être n'avez vous pas de plateaux ? Moi non plus : j'utilise des moules à gâteaux ou des boîtes vides de jeux de société, pile à la bonne hauteur et j'installe les enfants au sol sur un grand couvre-lit pour éviter les débordements.

Pour les jeux d'eau Olivier Gilly nous a donné l'astuce d'une assistante maternelle qui utilisait des jardinières de balcon qu'elle accrochait dans sa baignoire pour que l'eau soit à la bonne hauteur quand les enfants jouent. Moi je leur propose des bassines ou des casseroles que je pose sur des tabourets en plastique de mes amis les suédois. Il suffit de protéger le sol avec une grande serviette pour ne pas glisser sur l'eau qui se serait échappée malencontreusement de la baignoire.



On peut aussi proposer de la pâte à modeler ou de la pâte à sel. Pour la pâte à sel, parait-il que celle-ci serait plus souple si on remplace 1/3 de la farine par de la maïzena. C'est à essayer. Pour la pâte à modeler j'ai appris avec stupeur que la pâte à modeler maison n'était pas toujours autorisée par les PMI sous prétexte que la poudre d'alun utilisée pour sa création serait toxique si elle était ingérée pure en grande quantité ! A vérifier donc auprès de vos PMI, Mesdames ! Ça me parait hallucinant quand même ! On va bientôt plus avoir le droit de détenir des produits d'entretien sous prétexte que c'est dangereux ! Bref ....

Pour finir, on dira qu'en règle générale, on ne proposera pas avant 2 ans, toutes les activités qui demandent un respect de règles (Activités graphiques, peinture...)

La soirée s'est achevée sur une série de question comme d'habitude. 

Parmi celles-ci, nous avons parlé de la nécessité de proposer les jeux en plusieurs exemplaires identiques même en crèche (3 exemplaires du même jeu au minimum pour les crèches) ceci afin de ne pas mettre l'adulte en difficulté. On ne doit pas demander à des enfants de partager à des âges où ils n'en sont pas capables.  

La question des parcs a été abordée. Quand les espaces sont ouverts en permanence c'est une invitation à y aller. Or il est nécessaire d'avoir des espaces protégés. Un parc peut donc être nécessaire mais il ne faut pas voir celui-ci comme une espace d'enfermement. C'est l'idée de protéger qu'il faut retenir. A noter d'ailleurs que le parc peut changer de destination au cours d'un accueil. D'abord réserver aux bébés, il peut très bien devenir  le repère des grands plus tard afin de protéger leur jeu. Là encore, il faut vérifier ce qu'en pense la PMI car dans certains endroits, les PMI sont contre (à quand un vrai référentiel pour la profession ?). Ceci dit un parc n'est pas obligatoire parfois, obliger à faire un détour peut suffire à créer une protection. On peut aussi (ça, c'est moi qui vous le propose, pas Monsieur Gilly, mais je pense qu'il serait d'accord) poser les meubles perpendiculairement au mur plutôt que contre et créer ainsi des petits espaces séparés. C'est ce que j'ai fait chez moi et les enfants adorent s'y cacher et même s'y enfermer en créant des barrières avec les tabourets (oui encore ceux de mes amis les suédois !).

Nous avons aussi parlé des escaliers et de la nécessité (encore une fois) de demander à chaque PMI ce qu'il faut faire en la matière). En général, les PMI demandent de mettre une barrière de protection. Certaines assistantes maternelles ont obtenu la permission de n'installer la barrière qu'à partir de la 3ème marche d'escalier, offrant ainsi aux enfants un espace de jeu avec les trois marches restantes. Chez Pikler, on propose du matériel de motricité qui permet aux enfants d'expérimenter la montée des marches. 

http://www.pikler-spielraum.net/

Ça n'a l'air de rien mais ce genre de matériel dont la hauteur correspond à celle d'une marche d'escalier aide l'enfant dans son apprentissage. L'enfant monte, descend, recommence.... ça finit par s'inscrire dans son corps et c'est comme cela que l'on peut voir des enfants maîtriser parfaitement les escaliers alors qu'ils ne marchent pas encore ! 

Je n'ai malheureusement ni la place ni les moyens de m'acheter ce genre de matériel qui coûte un bras, mais Olivier Gilly nous a parlé d'une assistante maternelle qui utilisait un step à la place. J'ai trouvé l'idée excellente ! J'en ai acheté un : il m'a coûté 22 euros. Il est pratique car il est réglable sur deux hauteurs. Il est lourd : contrairement à un simple marche-pied en plastique, il ne se dérobera pas sous les gestes des enfants. Je pense que je ne regretterais pas mon petit investissement (d'autant plus que ça me permettra de me remettre au sport ! Si si, on y croit !). 
Image Decathlon.fr

Pour clôturer la soirée, Olivier Gilly nous a lu un texte que beaucoup doivent connaître parce que c'est un grand classique, mais je vous le propose quand même. 

Un jour, un petit garçon partit pour l’école. 

C’était encore un bien petit garçon, et l’école était fort grande. 
Mais quand le petit garçon
Découvrit qu’il pouvait arriver à sa classe
En entrant directement par la porte de la cour
Il se sentit content.
Et l’école n’avait déjà plus l’air
Tout à fait aussi grande.

Un matin
Alors que le petit garçon était à l’école depuis un certain temps
La maîtresse dit :
“ Aujourd’hui nous allons faire un dessin ”.
Il aimait faire des dessins
Il savait en faire de toute sorte :
Des lions et des tigres,
Des poules et des vaches,
Des trains et des bateaux.


Et il prit sa boite de crayons
Et commença à dessiner.
Mais la maîtresse dit : “ Attendez !
Ce n’est pas le moment de commencer ! ”
Et elle attendit jusqu’à ce que tout le monde ait l’air prêt.


“ Maintenant dit la maîtresse,
Nous allons faire des fleurs ”.
“ Chic ! ” pensa le petit garçon
Il aimait faire des fleurs,
Et il commença à en faire de magnifiques
Avec ses crayons rose et orange et bleu.
Mais la maîtresse dit : “ Attendez !
Je vais vous montrer comment faire ”.
Et elle en fit une rouge avec une tige verte

“ Voilà ” dit la maîtresse,
“ Maintenant vous pouvez commencer ”.
Le petit garçon regarda la fleur dessinée par la maîtresse
Puis il regarda ses fleurs à lui.
Il aimait mieux ses fleurs que celles de la maîtresse
Mais il ne le dit pas.
Il retourna simplement son papier
Et fit une fleur comme celle de la maîtresse.
Elle était rouge avec une tige verte.

Un autre jour
Le petit garçon avait ouvert
La porte d’entrée tout seul,
La maîtresse dit : “Nous allons faire quelque chose en modelage ”
“ Chouette ” pensa le petit garçon,
Il aimait le modelage.
Il savait faire toute sorte de chose avec la terre :
Des serpents et des bonshommes de neige,
Des éléphants et des souris,
Des autos et des camions
Et il commença à pétrir et à malaxer
Sa boule de terre.

Mais la maîtresse dit :
“ Attendez, ce n’est pas moment de commencer ! ”
Et elle attendit que tout le monde ait l’air prêt.
“ Maintenant ” dit la maîtresse,
“ Nous allons faire un plat ”
“ Super !” pensa le petit garçon
Il aimait faire des plats
Et il commença à en faire
De toutes les formes, de toutes les grandeurs.
Mais la maîtresse dit : “ Attendez !
Je vais vous montrer comment faire ”.
Et elle montra à tout le monde comment faire
Un grand plat profond.

“ Voilà ” dit la maîtresse
“ Maintenant vous pouvez commencer ”
Le petit garçon regard le plat de la maîtresse
Puis il regarda les siens
Il aimait mieux les siens que ceux de la maîtresse
Mais il ne dit rien.

Il reroula seulement toute sa terre en une grosse boule.
Et fit un plat comme celui de la maîtresse.
C’était un plat profond.


Et bientôt
Il ne fit plus de choses de lui-même du tout.
Alors il arriva
Que le petit garçon et sa famille
Déménagèrent dans une autre maison,
Dans une autre ville,
Et le petit garçon
Dut aller dans une autre école.


Cette école était encore plus grande
Que l’autre
Et il n’y avait pas de porte
Pour aller directement de dehors dans sa classe.
Il devait monter, monter des grandes marches
Et marcher le long d’un grand corridor
Pour arriver à sa classe.


Et le premier jour
Qu’il était là,
La maîtresse dit :
“ Aujourd’hui, nous allons faire un dessin ”.
“ Gai ” pensa le petit garçon
Et il attendait que la maîtresse dise quoi faire
Mais la maîtresse ne dit rien
Elle se promena seulement autour de la classe.
Quand elle arriva près du petit garçon
Elle dit : “ Tu ne veux pas faire un dessin ? ”
“ Si ” dit le petit garçon. “ Qu’allons nous faire ? ”
“ Je ne sais pas avant que tu le fasses ” dit la maîtresse
“ Comment vais-je faire ce dessin ? ” demanda le petit garçon ?
“ Oh ! Vraiment comme tu veux ! ” dit la maîtresse.
“ Et n’importe quelle couleur ? ” demanda le petit garçon.

 “ Si tout le monde faisait le même dessin,
Comment saurais-je qui a fait quoi,
Et lequel est à qui ? ”
“ Je ne sais pas ” dit le petit garçon.


… Et il commença à faire une fleur rouge 
Avec une tige verte.

Helen E. Buckley (traduit de l’anglais).


dimanche 7 avril 2013

Règles, limites et interdits : le cr de la réunion du 4 avril 2013


Le jeudi 4 avril, j'ai eu le plaisir d'assister à la soirée débat organisée par le groupe lyonnais de l'association Pikler Loczy qui avait pour thème

Règles limites et interdits : comment accompagner l'enfant dans le processus d'intégration des règles ? 

Elle était animée par Diana Zumstein (psychologue).

Avant de commencer je voudrais revenir sur le petit bémol que j'avais signalé à l'annonce de la soirée. J'avais, en effet, cru bon de préciser que le thème allait être traité dans une optique de collectivité et qu'il était donc  destiné à un public de professionnels.

Or le sujet a été beaucoup plus général que ne l'annonçait le titre et je pense que les quelques parents présents ont autant apprécié, peut être même plus, que les professionnels qui eux s'étaient déplacés en masse !

Il y avait effectivement un monde fou  à cette soirée, au point que la salle était une nouvelle fois bondée, que les derniers arrivants ont suivi les débats assis par terre, et que la soirée a du débuter avec une bonne demi-heure de retard (ce qui nous a malheureusement privé d'une vidéo).

Après une brève présentation de Véronique SZTARK, (psychologue du groupe lyonnais de l'association) qui s'est excusée pour la situation  et qui nous a expliqué que les soirées ne fonctionnant pas sur un système de réservations, il était difficile de prévoir le nombre de participants, la parole a été donnée à Diana Zumstein.

 Son intervention a été ponctuée par deux vidéos prises dans une crèche, et par le témoignage d'un papa dont j'ai oublié le nom (qu'il me pardonne).

Si tant de monde a répondu présent à cette soirée, c'est que le thème rencontre en ce moment un très grand succès. Beaucoup d'informations circulent sur le sujet par les livres, par internet ; on débat sur l'autorité, sur la fessée ; mais paradoxalement les adultes sont démunis ne sachant finalement que penser. Il y a donc un fort intérêt pour tous les sujets traitant de la transgression des règles et les comportements agressifs au cours de la socialisation primaire (la toute petite enfance avant l'entrée à l'école).

Avant c'était simple : l'autorité faisait loi ! L'enfant ne pouvait pas s'exprimer. Puis il y a eu Mai 68 avec son célèbre : il est interdit d'interdire ! Il n'y avait donc plus de cadres, plus de limites avec les conséquences qui en découlent.

On peut se demander si entre les deux, il n'y aurait pas quelque chose où chacun trouverait sa place. Ce quelque chose s'appelle l'éducation démocratique.

La soirée comme souvent chez Pikler n'était pas faite pour nous donner des solutions toutes faites, prémâchées, que nous n'aurions plus qu'à appliquer pour que, comme par miracle, ça marche, mais pour nous faire réfléchir. Rappelons au passage que l'approche piklerienne de l'éducation n'est pas une "méthode".

Par exemple, on s'est interrogé sur ce que c'était une limite. Lorsque l'on demande à l'enfant une limite, on lui demande d'accepter de refouler un besoin irrépressible. Déjà, nous adultes, on a un peu de mal avec cela et on voudrait que les enfants acceptent tout, tout de suite. Les adultes ont besoin de sanctions (code de la route par exemple) pour accepter les règles. Les enfants aussi mais accepter les règles ne veut pas dire perdre sa volonté. On va parler d'éducation démocratique qui va passer par la valorisation de soi et l'intégration des règles. Pour fonctionner, cela doit être compatible avec les capacités de l'enfant.

La question des règles est indissociable de la notion de socialisation. L'enfant doit :

  • s'intégrer au groupe
  •  accepter volontairement les règles
  • respecter les autres

mais aussi trouver sa place, ce qui nécessite de connaître ses besoins et d'être capable de les exprimer. 

La construction de la personnalité passe par la conscience de lui-même, de ses limites et de l'existence des autres. Il a pour cela des capacités (connaître et communiquer ses besoins). Encore faut-il que les adultes l'écoutent. Par exemple un enfant sait s'il a besoin de dormir ou de manger mais les adultes ne l'écoutent pas forcément.

Dans l'éducation démocratique on tient compte de l'enfant et on lui fait confiance. Prenons l'exemple du repas. D'accord, il y a un cadre : c'est le moment du repas ; mais l'enfant doit pouvoir choisir si il veut manger. Si on le force, il ne comprend plus car il pense que l'on n'a pas entendu son besoin donc qu'il n'a pas été capable de nous le communiquer. Dit comme cela, on se rend bien compte de ce que cela peut induire  chez l'enfant, sur la confiance et l'estime de soi.

Notons au passage que la socialisation primaire ne requière pas la fréquentation d'un groupe d'enfants. C'est la relation affective de confiance entre l'adulte et l'enfant qui facilite le processus d'intégration des règles. La relation doit être sécurisante.

Intégrer une règle (qui sert à protéger la sécurité de l'enfant et des autres), c'est l'avoir à l'intérieur de soi et la gérer soi-même. C'est un processus long et compliqué. Il faut donc s'interroger sur la manière de présenter les règles aux enfants pour qu'ils les acceptent, en tenant compte d'eux.

Les enfants côtoient plusieurs cultures. Parfois les adultes ne sont pas d'accord entre eux. Imaginez alors la difficulté que cela représente pour un enfant. Dans sa première année, il n'y a pas trop de problèmes. Le bébé ne bouge pas, il n'y a donc pas d'interdit. Puis l'enfant commence à se mouvoir : il bouge ! Et là, on commence à dire non. On pose des interdits ou on demande des choses qui parfois sont irréalisables pour les enfants, comme par exemple de partager des jouets au moment où justement ils se rendent compte que les jouets sont à eux. Ils en sont incapables : il n'y a aucune possibilité de partage au début. C'est d'ailleurs pour cela qu'il est judicieux pour une assistante maternelle de se procurer plusieurs jouets identiques : ça évite  d'avoir à partager alors que cette action ne sera possible que plus tard. On peut d'ailleurs noter que même vers 5/6 ans, les enfants ont encore besoin des adultes pour tous les "jeux d'équipes".

Le meilleur moyen de faire comprendre les règles,  c'est de mettre en place un cadre stable, fiable et repérable : instaurer une ritualisation des évènements. L'enfant peut alors anticiper et s'y préparer activement. Il développe ainsi son sentiment de sécurité et de compétence. Il peut ainsi cheminer du pulsionnel au social car on répond à ses différents besoins physiologiques en tenant compte de ses capacités et de ses micro-rythmes personnels :
  • sécurité matérielle et affective (repère) 
  • être reconnu comme un individu (valable et capable) et non pas en tant que groupe
  • possibilité d'agir par soi-même (être actif et acteur)

Pour prendre l'exemple des repas, pourquoi demander à un enfant de manger plus lentement alors qu'il peut avoir envie de manger vite !

Nous avons ensuite visionné une vidéo mettant en scène un petit garçon de 16 mois en pleine séance d'activité libre dans une crèche. Il s'amuse d'abord à lancer un ballon par dessus la barrière qui délimite l'aire de jeu. Il essaye  de le rattraper avec le pied mais il n'y arrive pas. 

Doit-on intervenir et lui rendre son ballon ? En faisant cela on lui signifierait qu'il n'y arrive pas tout seul. Ça n'aurait pas été judicieux d'autant plus que très vite le ballon ne l'intéresse plus et on le voit s'occuper d'abord avec de l'herbe puis avec une panière qu'il lance aussi par dessus la barrière ainsi que différents jouets qu'il essaye avec succès d'ailleurs de placer dans la panière. Il passe ainsi de longues minutes à passer par dessus bord les jouets qu'il trouve sur son passage. La non intervention de l'adulte au départ a permis une chose très importante : l'élaboration d'un projet ! Elle a été possible parce que les jeux mis à sa disposition permettaient de le laisser faire. On aurait été obligé de lui interdire cette action si les jeux présents avaient été plus lourds car ils auraient pu  blesser les autres enfants présents. Là il n'y a aucun danger, on peut donc le laisser faire. Aucun besoin d'interdire !

Éduquer, c'est accompagner l'enfant pour qu'il puisse vivre ses besoins de manière socialement acceptables. C'est le confronter au principe de réalité mais pas au pouvoir de l'adulte. On doit toujours se demander comment on pourrait dire oui plutôt que non, comment on peut limiter mais pas supprimer, car l'enfant ne doit pas avoir l'impression de tout perdre.

A ce moment là de l'exposé, et pour argumenter ses dires, la psychologue nous a donné l'exemple du toboggan et pour faire un petit aparté personnel, je n'étais pas peu fière car ce qu'elle a expliqué correspond exactement à ma "gestion" du toboggan. 

Vous avez du le remarquer, autour du toboggan, on entend souvent dire "Non pas dans ce sens, faut pas monter par là ! C'est fait pour descendre et pas pour monter ! Personnellement je ne trouve pas ça très judicieux d'interdire à un enfant de monter par la pente du toboggan, d'autant plus que pour un tout petit c'est beaucoup plus facile par là et qu'il peut le faire tout seul alors qu'il pourrait avoir besoin d'aide pour monter par les marches. Pourquoi donner cet interdit totalement inutile ? 

L'enfant a bien le droit d'expérimenter l'engin dans le sens qu'il veut. Par contre rien n'empêche d'instaurer quand même une "réglementation" pour que ce soit "socialement" acceptable. Quand il n'y a personne sur le toboggan, on monte comme on veut, quand il y a du monde  on laisse la priorité aux enfants qui sont montés par les marches et qui veulent descendre ! Il ne faut pas créer un embouteillage en haut des marches qui pourraient, lui, s'avérer dangereux.  On ne fait alors que limiter l'utilisation : on ne l'interdit pas !

Nous avons ensuite visionné une deuxième vidéo nous montrant une petite fille pendant un temps de change. Nous avons pu remarquer que durant le change, l'adulte a négocié avec l'enfant plutôt que d'imposer. Le change a été long, sans le moindre énervement de la part de l'adulte alors que la petite fille ne semblait pas très partante au départ. L'adulte a considéré l'enfant comme un partenaire, sans faire à sa place, sans faire de forcing.

Après cette vidéo dont je reparlerai en fin de compte rendu, nous avons enchaîné sur le thème plus général du choix des règles en crèches.

Celles-ci doivent être :
  1. - peu nombreuses : grâce à la manière d'aménager l'espace ;
  2. - constantes : mais il faut les faire évoluer ;
  3. - délimitées : par exemple on ne tape pas sur un copain, mais sur un jeu si on veut ;
  4. -  hiérarchisées avec :
    • les interdits,
    • les règles liées à la vie en communauté
    • les valeurs et les attentes de l'adulte. Ces dernières ne devraient pas faire l'objet de négociation mais plus d'une imprégnation progressive de l'enfant.

S'il n'y avait qu'une chose à retenir de cette réunion c'est à ce stade que nous l'avons abordé : Si l'enfant n'obéit pas, ce n'est pas pour vous embêter ! Il ne vous provoque pas ! Il vérifie que la règle est bien une règle, qu'elle est toujours valable et aussi quel genre de relations la transgression de celle-ci va donner.

Il peut arriver aussi qu'il ne connaisse pas la règle, qu'il soit inquiet, pas bien, qu'il veuille que l'adulte s'intéresse à lui.

Certaines règles sont difficiles. Il faut alors l'aider à les respecter par la négociation.

Pour finir nous avons abordé la question de l'agressivité.

Diana nous a donné la vraie définition de l'agressivité : il s'agit d'un acte intentionnel, volontaire, conscient qui provoque une douleur psychique. Quand on prend cette définition il n'y a donc pas beaucoup de véritable agressivité au cours de la socialisation primaire.

Il faut faire la part des choses entre les mouvements d'agressivité et les mouvements de découverte. Prenons l'exemple d'un bébé qui écrase un autre bébé dans une aire de jeu. Il ne s'agit pas là d'agressivité et nous ne devons intervenir que si l'enfant en fait la demande explicite. Si on intervient trop, l'enfant n'apprend pas à gérer et on est alors obligé d'interdire tout le temps.

L'agressivité peut prendre 2 formes : les décharges de tension qui peuvent être éradicables, et les conflits entre deux individus qui se règlent avec l'éducation.

Elle peut découler de 3 situations :
  • des besoins non satisfaits (sommeil, faim....) en répondant à ses besoins on fait disparaître l'agressivité.
  • quand l'enfant ressent la menace de perdre sa place dans une relation importante
  • quand on gêne l'enfant, qu'on l'empêche d'agir par lui même (il faut donc anticiper)

On pourrait finir par cette phrase : l'agresseur est un enfant en souffrance et non pas un enfant qui fait exprès pour nous embêter !

Il y avait semble-t-il beaucoup de questions après cet exposé mais malheureusement peu de temps pour y répondre.

Une maman a demandé comment elle devait gérer lorsque son enfant ne voulait pas prendre sa douche (opération qui semblait poser des problèmes quotidiens) Elle se demandait notamment si elle devait l'obliger ou céder à l'enfant. Diana lui a fait remarquer que la douche n'était pas obligatoire, que la seule obligation c'était de se laver, qu'elle pouvait donc proposer autre chose à l'enfant pour qu'il accepte de se laver sans pour autant passer par l'étape douche, sans oublier de  lui reproposer régulièrement sans l'obliger.

Une question a porté sur les punitions : punir fait partie de l'éducation autoritaire. Dans l'éducation démocratique on ne punit pas ! Par exemple quand on voit deux enfants qui se battent, on les sépare. Mais cette séparation n'a pas pour but une réflexion ou une punition. C'est simplement pour qu'ils puissent continuer à jouer.

Une personne a voulu revenir sur la deuxième vidéo, celle du change de l'enfant. Il lui semblait totalement impossible qu'en collectivité on consacre autant de temps au change d'un seul bébé (dans la vidéo l'opération dure bien 9 minutes pendant lesquelles l'adulte est donc seul avec un seul enfant, chose qui lui paraissait impossible en accueil collectif). Diana a dit qu'il s'agissait simplement d'une question d'organisation de service et qu'il fallait donc y réfléchir en amont. Elle a demandé à l'assistance si quelqu'un avait des exemples d'organisation à proposer. Le temps nous a manqué pour les réponses. 

Personnellement, je n'ai rien dit car je ne travaille pas en collectivité donc j'aurais été un peu hors sujet mais il se trouve que dans ma pratique, je fonctionne comme sur la vidéo : un change lent, qui ne force jamais l'enfant, qui explique chaque geste qui négocie, qui propose à l'enfant de faire lui même tout ce qu'il est capable de faire comme par exemple d'aller mettre lui-même sa couche dans la poubelle (dans la vidéo, l'enfant montait lui-même sur la table à langer : je ne suis malheureusement pas équipée pour cela !). 

C'est vrai que pendant ce temps là, les autres enfants que j'accueille se gèrent seuls. Une dizaine de minutes sans réelle surveillance ça peut sembler long ! Sauf qu'avant j'ai réfléchi à la chose. J'ai aménagé l'espace de jeu pour qu'il soit sécurisé au maximum : pas d'objets fragiles qui pourraient casser, pas de choses ou de produits dangereux, des jeux à disposition que les enfants, même tout petits, peuvent prendre seuls. Le lieu de change est visible de la salle de jeu (ce qui sécurise les enfants). J'évite de me lancer dans un change quand je sais que je ne vais pas être disponible. J'essaye par exemple de les réaliser pendant que les enfants jouent librement et pas quand on fait une activité dirigée. Je range les jeux qui, je le sais par expérience, sont susceptibles de créer des conflits entre les enfants. Je les préviens que je ne veux pas être dérangée, en précisant à ceux qui n'ont pas de couches que je vais être indisponible pendant quelques minutes et que si ils ont une petite envie, il vaut mieux me demander maintenant. 

Avec les enfants qui sont arrivés à l'état de mini-crevettes chez moi, il n'y a jamais de problème. Ils comprennent très bien parce qu'ils savent comment ça fonctionne l'ayant eux-mêmes expérimenté et ayant été ainsi sécurisés. Il se trouve qu'en ce moment j'ai un enfant qui est arrivé chez moi avec un statut de grand troll. Pour lui c'est moins évident : comme par hasard c'est toujours quand je suis avec un bébé sur la table à langer qu'il a une irrépressible envie d'aller se soulager ! Avant de connaître Pikler, j'aurais bâclé le change du petit pour pouvoir emmener le grand aux toilettes. Peut être même que je me serais mise en colère quand je me serais aperçue que la grosse envie n'était pas réelle. J'aurais peut être même pensé que l'enfant le faisait exprès pour m'embêter, ou par jalousie par rapport au petit, voire par méchanceté. Je sais maintenant d'une part qu'il n'y a pas urgence (qu'il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter) et d'autre part qu'il ne fait pas ça pour m'embêter, qu'il s'assure simplement qu'il bien compris la règle et veut savoir ce qu'il va se passer si il ne la respecte pas. Je continue le change tranquillement en lui précisant que je m'occuperai de lui après quand j'en aurai fini avec le changement de couche du bébé. Je précise que mon grand troll ne s'est jamais roulé par terre de rage après que je lui ai signifié cela.

Sur une question traitant de l'agressivité d'un enfant, j'ai été un peu gênée de voir une réaction assez récurrente je trouve dans le métier qui est d'accuser les parents, de les rendre responsables de cette agressivité soit en la provocant soit en ne tentant rien pour la freiner. C'est un peu facile et complètement inefficace. Devant un enfant agressif et donc en souffrance, on doit s'interroger sur les moyens que l'on doit mettre en oeuvre, nous, pour que l'enfant se sentent mieux. Rejeter la faute sur les parents, c'est plus simple bien sûr mais cela ne résoudra jamais le problème de cet enfant. 

Ainsi s'achève mon compte-rendu. La prochaine réunion du groupe lyonnais de l'association Pikler se déroulera le 20 juin. Elle traitera de l'enfant dans sa 3ème année, avec aux commandes la psychomotricienne Sylvie Lavergne. 


mercredi 26 décembre 2012

Regarder son enfant pour l’aider à grandir...suite

Le compte rendu d'une soirée qui a eu lieu genre plusieurs semaines avant ça vous dit ? Non pas trop hein : ça fait loin ! Tant mieux parce qu'en fait, ça ne sera pas vraiment un compte rendu mais simplement quelques réflexions ou plutôt quelques précisions sur le débat qui s'en est suivi. Enfin bon, pour cela, il faut quand même que je vous dise en quelques mots de quoi il en retournait, afin de rafraîchir la mémoire des personnes présentes et histoire d'intéresser quand même les nouveaux arrivants ici, les absents et les excusés.

Ça se passait donc à la Maison des associations, au 28 rue Denfert Rochereau à Lyon 4. Nous étions le jeudi 22 novembre et c'était organisé par  La cause des parents.  

Il s'agissait d'une soirée débat avec des extraits du film "Entre parents et enfants : à l'aventure de la motricité" C'est aussi pour cela qu'il n'y aura pas vraiment de compte rendu (regarder un film et prendre des notes en même temps est un exercice que je ne maîtrise pas vraiment, et puis d'ailleurs j'ai horreur qu'on me raconte un film... bref !)

Sylvie Mugnier, psychologue clinicienne et formatrice à l'association Pikler était venue présider la soirée. Dans un premier temps, elle nous a présenté brièvement les travaux d'Emmi Pikler et nous a expliqué ce que l'on entendait par "Motricité libre".

Pour rappel, Emmi Pikler était une pédiatre hongroise (9 janvier 1902 Vienne/ 6 juin 1984 à Budapest). "Diplômée de la faculté de médecine de Vienne, elle part s'installer à Budapest. En 1947, on lui propose de prendre la direction de la pouponnière de Lóczy, créée pour les orphelins de guerre. Elle met alors en place une approche éducative et médicale innovante, en posant comme principes la libre activité de l’enfant, son bien-être corporel, la qualité du soin et la relation privilégiée avec l’adulte qui s’en occupe ('référent'). Très vite, la formidable réussite de Lóczy fait école. Et aujourd'hui encore, la philosophie d'Emmi Pikler jouit d'un intérêt grandissant" Les plus perspicaces d'entre vous auront remarqué que je vous l'ai joué à la Houellebecq et que je n'ai fait que recopier Wikipédia. 

La soirée de la cause des parents concernait donc un des trois fondements de la théorie éducative d'Emmi Pikler à savoir la motricité libre. Cela consiste"à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant sans les lui enseigner, (ndlr : on ne met pas le bébé sur le ventre pour qu'il joue si il ne sait pas se retourner tout seul, on n'assoit jamais l'enfant avant qu'il ne le fasse seul, on ne le fait pas marcher en lui tirant les bras) dans un environnement sécurisé. Il se base sur l'idée que aussi bien les contraintes empêchant l'enfant de bouger, que les incitations trop précoces à accomplir des gestes non maîtrisés par l'enfant, retardent son développement ou son autonomie. Utilisée d'abord dans un cadre familial, puis étendue à la pouponnière de Lóczy, cette théorie, novatrice à ses débuts en 1920, est pour partie largement intégrée dans les pratiques éducatives actuelles en France sous l'impulsion de Françoise Dolto, et continue à faire l'objet de recherches complémentaires". (Ainsi s'achève la contribution de Wikipédia à ce billet avec mes remerciements)

Dans un premier temps donc Sylvie Mugnier nous a surtout présenté les différentes étapes posturales du bébé afin que nous puissions mieux apprécier le film et que tout le monde sache comment et où observer pour comprendre l'intérêt des images. Cette présentation avait pour but aussi de prouver que ce n'est pas parce que le bébé n'est pas maintenu assis ou mis debout qu'il n'est pas actif et qu'il ne peut pas jouer. Vous retrouverez toutes ces postures dans la petite vidéo qui suit et si vous voulez aller plus loin vous pouvez aussi, comme Sylvie vous l'a proposé vous procurer le livre "Se mouvoir en liberté dès le premier âge" dont les croquis de cette vidéo sont tirés.






S'en est suivi la projection du film (on les excuse pour les petits incidents techniques au démarrage!) puis d'un débat  durant lequel les participants ont posé d'intéressantes questions auxquelles je n'avais jamais réellement pensé.

Une maman adepte du portage (comme visiblement de nombreuses mamans présentes à la conférence) s'est interrogée sur la compatibilité entre portage et motricité libre. Je la comprends. Cette maman a sans doute choisi de porter son enfant dans une optique de maternage proximal avec pour but de sécuriser son bébé au maximum et de lui apporter confiance et sérénité. On peut comprendre qu'elle soit perplexe quand au fait de laisser son bébé se débrouiller seul sur un tapis de jeu sans prendre part à son apprentissage moteur. Pourtant ce n'est pas incompatible.

D'abord, la motricité libre n'a pas d'intérêt pour un tout petit qui sort à peine de la maternité. Cela ne deviendra intéressant pour lui que dans la mesure où ses progrès lui permettront d'être véritablement actif sur le tapis. Ce n'est que lorsque le bébé commence à découvrir ses mains avec intérêt qu'on peut envisager de lui proposer des séances de motricité à terre sur un tapis. Ça laisse ainsi aux mamans maternantes 3 bons mois durant lesquels elles pourront se livrer à un portage intensif.

Ensuite il ne s'agirait pas de croire que la motricité libre est une méthode d'apprentissage qui a des règles strictes et qui doit être appliquée 24 h sur 24. Nous ne sommes pas à Lóczy et nous cherchons simplement à adapter ce qui peut nous être utile au quotidien. On ne vous demande pas d'abandonner votre enfant au sol tel un vulgaire ver de terre et de ne plus vous en occuper que de loin. C'est simplement un état d'esprit à acquérir, une philosophie à suivre qui vous propose des alternatives. Là ou d'autres personnes vont déposer leur bébé dans un transat pour jouer, ou vont le caler entre des coussins pour qu'il soit assis, vous vous saurez (parce qu'on vous l'a démontré et que vous vous en rendrez vite compte par vous-même) que votre enfant est plus actif si il est couché à plat dos sur un tapis avec autour de lui des objets choisis méticuleusement pour exercer sa curiosité naissante.

Les séances de motricité et d'activité libres doivent être adaptées en longueur aux capacités et à l'intérêt de l'enfant pour l'exercice. Au début ça ne représentera que peu de temps sur une journée entière et ça vous laissera de grandes plages de temps pour le portage.

Peut être certains d'entre vous auront cru que c'était la verticalité qui posait problème (on m'a déjà demandé comment je faisais si je n'asseyais pas les enfants pour les faire roter après le biberon). Ce n'est pas le fait que les enfants soient verticalisés comme dans le portage qui pourrait être néfaste. C'est le fait qu'ils le soient sans être soutenus correctement. Donc oui à la maison, ils ont droit à leur petit rototo puisqu'ils sont soutenus par mes mains et mon corps tout entier, et non à mon sens, le portage, à condition qu'il soit effectué à l'aide d'un système physiologique (pas comme dans un Babybjorn par contre) n'est pas incompatible avec la liberté de se mouvoir. Tout est question de dosage. Une journée est assez longue pour pouvoir jongler entre les deux.

Reste le cas de ces mamans pour qui il est inconcevable de se détacher physiquement de leur petits ne serait-ce que quelques minutes et qui ont choisi (mais est-ce bien un choix  ou cela cache-t-il simplement autre chose ?) d'être des mamans kangourous exclusivement et ce jusqu'à ce que leur enfant soit déjà bien grand. A ces mamans, je proposerai de s'interroger sur le sens étymologique du mot éducation : du latin ex-ducere, guider, conduire hors. Le but de l'éducation n'est-il pas de donner toutes les bases à un enfant pour en faire quelqu'un d'épanoui capable de se détacher de nous et de se débrouiller seul ? Et c'est une personne qui au départ a choisi le métier d'assistante maternelle parce qu'elle était incapable de confier ses enfants à qui que ce soit qui écrit ces mots !

Pour conclure sur cette question, je voudrais aussi signaler que le film ne traitait que de la motricité libre et que nous n'avons donc pas aborder l'autre versant des travaux d'Emmi Pikler qui concerne la qualité des soins apportés au bébé. Sans connaissances sur cette autre partie tout aussi importante de la théorie éducative d'Emmi Pikler, le spectateur non averti peut avoir un peu plus de mal à s'apercevoir que nous nous inscrivons là dans un concept de bientraitance qui est tout à fait compatible avec les valeurs prônées par le maternage proximal.

Ça n'a pas été évoqué lors de la réunion mais je voudrais quand même rajouter que si le couple portage/motricité libre est très bien assorti, je resterais plus dubitative sur le couple couches lavables/motricité libre.

En effet, j'ai pu moi même remarquer que dans certains cas, les couches lavables par leur raideur ou leur épaisseur pouvaient entraver la motricité des bébés qui sont alors gênés au niveau du bassin notamment. Peut être que le problème n'est pas présent pour tous les systèmes de couches lavables. Je n'ai pas assez d'expérience en la matière. il me semble que le problème est d'autant plus important si l'on a choisi un système de couches à taille unique dans lesquelles on est obligé au début de créer des surépaisseurs avec les langes à l'intérieur de la couche. De même, comme les bodys ne sont pas encore prévus pour l'utilisation de ces couches plus imposantes que les couches jetables, ils sont souvent trop serrés et empêchent l'enfant de lever les jambes avec aisance. Peut être aussi que nous manquons encore de confiance face à ces couches lavables et que nous les serrons trop par peur des fuites ! Du coup l'enfant par notre faute se retrouve saucissonné et n'est pas vraiment libre de ses mouvements. Ceci dit son développement est alors retardé de quelques semaines mais le petit finit toujours par trouver une solution quand même ! C'est tellement mignon de voir un tout petit jouer au commando que Nounou est peut être simplement trop pressée !

Une autre question semblait aussi tarauder l'assistance : celle de la sécurité de l'enfant. En effet dans le film, on voit une très jolie séquence où un bébé "rampeur" arrive sans difficulté à descendre une marche non sans avoir au préalable juger de la faisabilité de son action en jaugeant avec son bras pour savoir si il pouvait réellement le faire. Cette scène a bien fait comprendre aux spectateurs que si nous avions peur de ce genre de situation c'était en grande partie parce que nous ne faisions pas confiance à l'enfant et à ses compétences. L'enfant lui maîtrise la situation et le film montre bien que toute intervention de l'adulte est inutile. 

Des mamans ont alors demandé ce qu'il se serait passé si il n'y avait pas eu une marche mais plusieurs. L'enfant n'aurait pas pu se rendre compte de la difficulté et serait alors tombé. Dans le meilleur des cas, l'adulte aurait pu éviter l'accident en empêchant le bébé de se lancer dans cette action et en l'arrêtant avant. Mais dans ce cas, ce qui gênait l'assistance c'était l'incohérence entre le fait de faire confiance à l'enfant et le fait de lui interdire cette action. On ne pouvait pour autant pas le laisser faire, le risque étant trop grand. 

Pour tout dire, cette question me fait un peu peur. Ce n'est pas parce qu'on vous demande de faire confiance à l'enfant qu'il faut le laisser faire tout et n'importe quoi ! Vous avez toujours une obligation de protéger l'enfant des dangers de l'environnement même si vous le laissez se mouvoir en liberté. Il n'est pas question de l'élever tel un enfant sauvage. Par contre c'est à vous de faire en sorte de ne pas être confrontés à cette incohérence entre interdire et laisser faire en anticipant les situations. A vous de réfléchir et de sécuriser les lieux afin que le bébé soit libre de se mouvoir sans risque. L'anticipation basée sur l'observation de votre enfant et de ses capacités est la clé du problème. Il n'est bien évidemment pas question de laisser un petit seul devant un escalier abrupt. Mais à vous de faire en sorte que vous ne soyez jamais obligés de lui interdire. D'ailleurs même Wikipédia vous le dit : la motricité libre se pratique dans un "environnement sécurisé" ! 

Je vais m'arrêter là, j'ai déjà beaucoup parlé et j'ai peur d'avoir déjà perdu des lecteurs en route ! Si vous avez participé à cette soirée et que vous avez des choses à rajouter, je vous invite à le faire par le biais des commentaires.