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jeudi 8 juin 2017

Soirée gratuite à Lyon le 8 juin 2017



Je vous avais déjà parlé de l'ouvrage “L’approche Piklérienne en multi accueil” lors de sa sortie à l'occasion d'une soirée organisée à Lyon à la Librairie Rive Gauche le jeudi 16 février dernier. 

Pour les personnes qui avaient raté le coche, il y a une séance de rattrapage ce soir avec la présentation de cet ouvrage inédit en présence de Miriam Rasse et de certains de ses auteurs. Il s'agit d'une  soirée débat gratuite. 

Rendez-vous : Collège Gilbert Dru, 42 rue Jeanne Hachette 69003 LYON à 19 h 30 







"Face à l'évolution actuelle des modes d'accueil des jeunes enfants, comment inventer de nouvelles pratiques, sans perdre le sens ni les valeurs de l'approche philosophique et éthique, initiée par Emmi Pikler à la pouponnière de Lòczy à Budapest ?

Les modes de garde actuels pour les jeunes enfants sont multiples et fractionnés. Les principes d’Emmi Pikler – liberté motrice, activité autonome, personne de référence assurant la stabilité, observation bienveillante, travail en équipe, travail institutionnel, attention au développement propre à chaque enfant, etc. – sont ici revisités à l’aune des pratiques d’aujourd’hui. Les auteurs montrent qu’un environnement, des attitudes, une organisation institutionnelle, en multi-accueil, peuvent soutenir l’enfant dans son développement en tenant compte de sa vulnérabilité dans un contexte de séparation et de vie collective."



dimanche 2 novembre 2014

Comment apprend-on à marcher ?

Le journal des professionnels de la petite enfance nous propose pour ces mois de novembre et décembre, un dossier sur l'apprentissage de la marche. 

Accessible à tous, même aux non professionnels, il ne parle pas seulement de l'étape des premiers pas, mais bien de tout le cheminement que l'enfant prend pour arriver jusque là. 

Comment apprend-on à marcher ?
En effet," la marche résulte d’un parcours d’un peu plus d’un an qui sera d’autant plus facile à mener si l’environnement est favorable. Mais ce n’est pas tant l’aboutissement de la marche du bébé comme mode de déplacement qui importe, que le chemin qu’il va parcourir pour y arriver."
Le dossier comprend un article dans lequel vous retrouverez, sans doute plus clairement, tout ce que je tente de vous dire sur ce blog sur la motricité, et une fiche pratique pour aider l'enfant à devenir un bon marcheur. 
Cette fiche propose une série de petits conseils simples mais judicieux. Je me permettrais quand même un petit bémol sur celui qui consiste à se mettre à hauteur de l'enfant en l'invitant à venir nous rejoindre. L'auteur de la fiche pense que les allers-retours entre deux adultes sont intéressants pour le bébé. Je pense personnellement que ça peut au contraire inciter un bébé qui n'est pas prêt à se lancer quand même. Il va effectivement esquisser quelques pas  peut-être même courir, mais peut-on dire que c'est de la marche ? En tout cas ça ne pourra pas l'aider dans la mesure où il ne prendra pas le temps de bien chercher son centre de gravité. 
Ce détail mis à part, je conseille, si je peux me permettre, aux assistantes maternelles et même aux professionnels de crèches de se procurer ce magazine et de  le laisser à disposition des parents. Le message passera sans doute mieux avec un écrit et cela vous permettra d'étayer vos dires. Pensez à le proposer bien avant l'étape des premiers pas, au tout début de la vie de bébé puisque c'est dès ce moment que le processus se met en route.
Bonne lecture ! 
Le magazine est disponible en kiosque ou sur Internet 

lundi 29 avril 2013

Des nouvelles de la collection Parent-thèses, et une belle bibliographie consacrée à Pikler

Parmi les ouvrages qui permettent de découvrir l'univers d'Emmi Pikler et les bienfaits que l'approche piklerienne de l'éducation peuvent apporter à l'enfant, je vous avais parlé il y a déjà fort longtemps (et ça se passait sous d'autres cieux), de la collection Parent-thèses. Il s'agissait de petits livres d'une soixantaine de pages, se présentant sous forme de questions-réponses, et qui abordaient différents aspects de la vie du très jeune enfant. Les réponses aux questions des futurs ou jeunes parents étaient apportées par des pédiatres et psychologues, tous spécialistes de l'institut Pikler. Quatre ouvrages avaient été édités : 


Dr J. Falk : En attendant bébé
Dr J. Falk et Dr M. Majoros : Les premières semaines de  votre bébé
Dr M. Majoros et A. Tardos : Repas – Repos
Dr J. Falk et A. Tardos : Mouvements libres - Activités autonomes

Ils étaient, à l'époque, vendus par le biais de l'association Pikler. Or, pour des raisons diverses et variées, l'association ne s'occupe plus de la commercialisation de ces ouvrages. Il reste cependant un stock que l'on peut encore acquérir par d'autres fournisseurs. 

Je ne vous cacherais pas que ces petits livres s'adressent en priorité aux parents. Les professionnels aguerris ne découvriront rien de nouveau à la lecture de ces fascicules. Mais je pense sincèrement qu'ils peuvent être une excellente porte d'entrée, simple, rapide et sans risque (2,50 euros l'ouvrage),  dans l'univers piklerien pour toutes les assistantes maternelles qui n'ont pas encore franchi le pas et qui se demandent encore de quoi il s'agit. Ils peuvent être intéressants aussi pour toutes celles qui voudraient avoir un support écrit pour expliquer Pikler et la motricité libre à leurs parents-employeurs. (Cliquez ICI pour lire un extrait d'un des ouvrages).

Pour en revenir au côté commercial de l'affaire, il y a quelques jours, j'ai été en contact, via ma boite mail, avec un psychomotricien de Besançon, adhérent Pikler depuis 2004, qui m'a fourni tous les documents nécessaires pour que vous puissiez commander le ou les ouvrages qui vous intéressent. Vous trouverez tous les renseignements sur la page du site principal consacrée à la collection, mise à jour pour l'occasion :

http://professionassmat.free.fr/parenttheses.htm

Pour toute commande ou demande de renseignements :
Mail de contact : enlo@orange.fr

Par ailleurs, ce psychomotricien a mis en ligne une bibliographie très complète autour de Pikler, la petite enfance, la psychomotricité et la bientraitance. C'est un lien à visiter de toute urgence : 

http://site-collaboratif.com/Petite-Enfance-Psychomotricite

Une mine de renseignements dont je ne tarderais pas à vous reparler !





mercredi 2 novembre 2011

La violence éducative ordinaire


image Psychoenfants 

Pour commencer, je voudrais dire un grand merci à Mr Facebook sans qui je n’aurais pas pu écrire cet article. Et oui, Facebook, n’en déplaise à ses détracteurs, ce n’est pas simplement un réseau social qui te permet d’apprendre que Trucmuche vient d’entamer une relation compliquée avec Machinchose ou que Tonton Jean Claude est très certainement rentré par l’itinéraire « bison bourré » de l’anniversaire du grand cousin si l’on s’en réfère à sa tête sur les photos qui circulent. Non Facebook, ça peut aussi servir à se créer un réseau professionnel qui vous apporte sur un plateau, les infos qui vous intéressent sans même que vous alliez les quémander auprès de Mr Google. Et sur ce coup, l’info qui m’a intéressée est venue de la page hommage à Janusz Korczak, cet écrivain, médecin pédiatre, éducateur, pédagogue, et précurseur des droits de l'enfant.

Janusz Korczak vous savez, c’est l’auteur de ce fameux texte qu’en général les assistantes maternelles aiment bien et qui commence par   « Vous dites : — C’est épuisant de s'occuper des enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez : — Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser….. Ça vous dit bien quelque chose ? Non ? Allez donc voir par là alors.


Bon je m’égare et cet article va finir par n’avoir ni queue ni tête. Revenons à l’essentiel. Sur cette page donc, j’ai trouvé un lien permettant d’écouter une émission très instructive de Marie-France Chatin (Géopolitique), sur Radio France International sur le thème de la violence éducative ordinaire avec les intervenants du colloque de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse qui a réuni plus de 350 participants sur le thème : Attachement, empathie et violence éducative ordinaire.

Les invités de cette émission étaient :

- Cornélia Gauthier, médecin suisse, auteur de « Sommes-nous tous des abusés » éditions Géorg 2008 et « Victime non merci » éditions Jouvence 2010

- Fabienne Cazalis, professeur de neurosciences, membre de l’équipe des éditions l’Instant Présent

- Françoise Maurel, présidente d’une association de soutien scolaire et créatrice d’un café-parent

- Olivier Maurel, fondateur de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire, auteur de « Oui la nature humaine est bonne…Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires ? » éditions Robert Lafont.

Je vous propose d’aller l’écouter là :

1ère partie :
2ème partie :

Pour les personnes qui ne me croiraient pas sur paroles quand je dis que c’est intéressant, je vous explique un peu de quoi il en retourne.

Après une introduction sur la place faite aux femmes dans le monde et sur la violence envers elles, l’émission glisse tout naturellement sur la violence éducative ordinaire. On va vous parler du  Colloque sur la violence éducative qui s’est déroulé à Paris. Parmi les informations que l’on vous donnera, on vous expliquera que le développement du cerveau du bébé soumis à la violence éducative est altéré et que ceci est maintenant démontré scientifiquement, que cette violence est source d’une violence à plus grande échelle.

On vous dira aussi que nous sommes programmés pour vivre en société et que la violence éducative vient interférer avec les compétences des enfants, pour les pervertir. On vous parlera d’Alice Miller dont il faut absolument lire le livre «C’est pour ton bien » (Ça c’est moi qui vous le dit). On vous parlera résilience (Boris Cyrulnik et « le murmure des fantômes », ça aussi c’est moi qui vous le propose) pour vous dire qu’il n’y a pas de fatalité, mais que les enfants soumis à la violence éducative ordinaire ont plus de problèmes que les autres à l’adolescence et que ceci est biologique.

On vous mettra en garde contre le fait de devenir sur-protecteur quand on veut s’éloigner de cela. On vous parlera des symptômes psychosomatiques et du fait qu’on n’est pas toujours responsable des actes que l’on effectue parce que nous sommes imprégnés de violence. On vous parlera de la découverte des « Neurones miroirs » qui enregistrent ce que nous voyons et se préparent à le reproduire.

Dans la deuxième partie, vous apprendrez comment l’enfant bloque ses émotions et se crée une carapace émotionnelle pour ne plus souffrir, carapace qui va presque jusqu’à l’anesthésie physique. Il sera dit aussi que la violence éducative apprend aux enfants à se soumettre aux êtres violents : on prend l’habitude d’obéir à des leaders (la violence fait le lit de la soumission). Viendra ensuite un passage très intéressant bien qu’un peu simpliste où on vous explique qu’une petite connaissance du développement de l’enfant permettrait aux parents de faire preuve d’intelligence et de mettre en place une stratégie pour répondre aux oppositions de l’enfant sans tomber dans la violence éducative, les intervenants citant à ce propos Isabelle Filliozat.

L’émission se terminera sur un constat : Il faut changer de normes : le bébé ne naît pas plein de mauvaises pulsions. Les participants mettent beaucoup d’espoir dans le combat du Dr Edwige Antier et sa proposition de  loi interdisant la fessée. L’Europe avance sur l’abolition du châtiment corporel mais la France est à la traîne. Pourtant contrairement à ce que l’on croit, il y a une réduction du niveau de la violence admise. Il y a beaucoup moins de violence maintenant qu’au 19ème siècle. L’accoutumance à la violence dans la petite enfance a baissé et la baisse de la violence en général est à mettre en parallèle avec la baisse de la tolérance à l’égard de la violence sur les enfants. Au passage vous apprendrez peut être que les premiers intellectuels à avoir soulevé la question des châtiments corporels ont été des musulmans et que les pays du nord n’ont pas forcément de leçons à donner aux pays du Sud. Au final et pour résumer, je terminerais mon article sur cette citation de Cornelia Gauthier : 

« Si la violence éducative ordinaire était efficace il y a longtemps que le monde irait bien et ce n’est pas le cas » !


vendredi 21 janvier 2011

J’ai lu la bible en matière de motricité libre !


Aujourd’hui, je vais vous reparler de la plus grande découverte que j’ai faite depuis que j’exerce ce métier, celle que je regrette le plus de ne pas avoir connue avant : la motricité libre prônée par le Docteur Emmi Pikler

La motricité libre qu’est-ce que c’est ? Pour les personnes qui suivent ma prose depuis un certain temps, je m’excuse d’avance, je vais encore radoter !!! Mais je croise tellement peu d’enfants qui, dans leurs gestes et leur comportement semblent en avoir bénéficié, qu’un radotage de plus ne me parait pas de trop !


Tout le monde sera d’accord avec moi si je déclare que le début du développement d’un bébé passe par la motricité. Tout enfant, normalement constitué et sauf accident, va un jour ou l’autre passer de la position horizontale à la position verticale ! Jusque là, je ne fâche personne ?

Il est communément (et malheureusement) admis que ce développement doit se faire avec l’aide de l’adulte qui intervient de manière directe dans ce processus, en « apprenant » à l’enfant, à acquérir les différentes postures, en le retournant du dos au ventre, en le mettant assis, debout, en le faisant marcher et tout ceci avant que l’enfant le fasse de lui-même.

Les travaux d’Emmi Pikler, pédiatre hongroise, ont démontré que cette intervention de l’adulte n’était pas indispensable, que l’enfant pouvait se développer sans cet enseignement et qu’il en résultait même un développement plus harmonieux.


C’est ainsi que dans les institutions ou les familles qui pratiquent la motricité libre, un enfant ne sera jamais mis dans une position qu’il n’a pas expérimentée de lui-même et dont il ne sait pas se sortir. Le bébé ne sera jamais retourné, jamais assis de force, calé dans des coussins. On ne lui tiendra jamais les mains pour l’aider à se lever ou à marcher. Au final, l’enfant saura se mouvoir comme les autres et toutes les études tendent même à prouver que celui-ci sera beaucoup plus à l’aise dans son corps, plus agile et plus autonome qu’un enfant ayant bénéficié de l’intervention classique d’un adulte.



Vous n’êtes pas convaincus ? Faites comme moi, lisez la bible !! « Se mouvoir en liberté dès le premier âge »



Bon ok, au départ, il vous faudra peut être du courage. J’avoue que j’avais acheté cet ouvrage lors de la dernière réunion Pikler mais que j’ai mis un certain temps pour ne pas dire un temps certain à l’ouvrir. C’est vrai, en le feuilletant, ça peut faire peur. D’abord, il n’est plus édité donc les seules versions qui circulent sont de simples photocopies. De nombreux tableaux illustrent les propos d’Emmi Pikler avec des chiffres tout partout qui peuvent prendre la tête avant même que l’on sache de quoi on parle. Mais faites un petit effort !! Je vous rassure, les tableaux ne sont pas indispensables à la compréhension du texte.



Cet ouvrage montre en détail le développement de l’enfant et se charge de vous expliquer « dans quelle mesure ce développement est fonction de l’enseignement de l’adulte, comment il se déroule sans cette action « enseignante » et comment et dans quelle mesure ce développement est modifié par l’intervention directe et indirecte de l’adulte ».



Vous serez peut être gênés par le fait que le livre est très ancien (zappez les quelques lignes où l’on vous parle de l’invention du youpala, ou du trotteur qui « datent » effectivement) mais vous découvrirez que finalement les arguments « pour » l’intervention de l’adulte dans le processus de développement sont encore plus anciens que les arguments « contre » et qu’ils ne reposent que sur les habitudes !



Emmi Pikler vous explique en détail les problèmes qui résultent de l’enseignement des mouvements (immobilité de l’enfant tributaire de l’adulte, mouvements défectueux, problèmes d’équilibre global de la musculature, voire même déformation du corps à l’âge adulte) et vous expose en comparaison tous les bienfaits que l’enfant peut retirer de la non intervention de l’adulte (enfants actifs, autonomes, à l’aise dans leur corps et dans leur tête).



Elle vous explique aussi les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce résultat car bien entendu, il ne s’agit pas d’abandonner l’enfant à son sort et de ne pas s’en occuper. L’adulte joue un rôle aussi important que dans un apprentissage classique mais totalement différent qui passe par la mise en place d’un environnement adéquat, une observation de l’enfant et une très grande qualité des soins qui lui sont prodigués.



Pour vous procurer l’ouvrage suivez ce lien où vous le trouverez sous le numéro 300 :


Il est aussi en vente généralement lors des diverses réunions de l’association Pikler.



Heureux, les enfants dont les parents découvriront la motricité libre avant la naissance de leur descendance !!! Heureux aussi les professionnels qui s’y mettront car ils pourront s’apercevoir que grâce à l’autonomie plus grande des enfants, les adultes sont moins surchargés et qu’il en découle de meilleures relations enfant-adulte, plus paisibles et plus équilibrées.



Pour finir, je vous recopie ici un petit paragraphe que je trouve très caractéristique car je me suis moi-même exprimée dans ces termes avant même d’avoir lu le livre !



« Celui qui a observé en famille ou à l’Institut Loczy ce développement moteur, celui qui a été élevé lui-même selon nos principes considère comme anormal de poser l’enfant sur le ventre quand il se trouve parfaitement bien sur le dos, de l’asseoir lorsqu’il est déjà très actif sur le ventre mais ne peut pas encore s’asseoir seul ; il a pitié du jeune enfant rendu ainsi inactif et maladroit, il a le sentiment que l’intervention de cette sorte de la part de l’adulte est contre nature. »