lundi 6 mai 2013

Pikler vs Montessori : le match des vidéos cute !

En guise de petite récréation aujourd'hui, je vais vous présenter deux vidéos qui résument assez bien les univers de Pikler et de Montessori. Parce que les mots c'est bien, mais les images parfois ça explique encore mieux ! 

Toutes les deux sont très mignonnes. La première résume l'atmosphère piklerienne et les personnes qui me suivent depuis longtemps la connaissent déjà. Elle a longtemps traîné sur le site principal et sur le forum. La deuxième présentant la pédagogie Montessori, je viens de la découvrir grâce à un lien trouvé sur Twitter. 

On pourra y noter de grandes similitudes dans l'ambiance, dans les jeux et jouets utilisés, dans la douceur qui s'en dégage. On voit poindre aussi quelques différences comme par exemple l'utilisation du mobile. 

Chez Pikler on évite de mettre un bébé directement sous un mobile (aussi joli soit-il) parce qu'on estime que si le tout petit en a marre d'avoir cette chose devant les yeux, il ne pourra faire autrement que de manifester son mécontentement ou son énervement en pleurant pour appeler l'adulte à la rescousse. Ne sachant pas encore se déplacer, il sera obligé de subir ce mobile qu'on lui impose alors qu'il n'en a pas forcément envie. On préférera alors attendre qu'il sache se déplacer pour pouvoir s'en libérer lui-même ou bien si on y tient vraiment, on  positionnera cet objet à côté du bébé pour qu'il le voit en tournant la tête seulement  si il le désire. Ça ne nous empêchera pas toutefois de nous en servir pour la décoration de l'espace de jeu à condition qu'il ne soit pas sous le nez de l'enfant. 

De même on ne mettra pas non plus l'enfant sous un portique comme cela semble être le cas avec la séquence de l'anneau dans la vidéo Montessori. Les raisons invoquées pour le mobile sont valables aussi pour le portique mais surtout ça limite beaucoup le jeu de l'enfant. En effet, avec le portique l'enfant ne peut qu'essayer d'attraper l'anneau. Cette opération va tout d'abord être difficile, l'anneau va se dérober de nombreuses fois avant que le bébé arrive enfin à l'attraper et quand il va enfin y arriver, il ne pourra rien faire avec. Le fait que l'anneau soit accroché à un portique prive le bébé de choses très importantes pour son évolution : porter l'objet à sa bouche pour le découvrir et le passer d'une main à l'autre pour entraîner sa dextérité, juger de son poids, de sa matière, du bruit qu'il fait quand il tape par terre avec.... Chez Pikler, on préférera donc poser l'anneau au sol à côté du bébé et attendre qu'il le saisisse lui-même, par pur hasard dans un premier temps puis consciemment pour l'explorer sous toutes ses coutures. 

Mais je parle, je parle, dans le vide très certainement car la majorité d'entre vous a déjà cliqué sur l'une des vidéos sans passer par l'étape blabla ! Allez, regardez, c'est cadeau ! 

Pikler




Montessori



lundi 29 avril 2013

Des nouvelles de la collection Parent-thèses, et une belle bibliographie consacrée à Pikler

Parmi les ouvrages qui permettent de découvrir l'univers d'Emmi Pikler et les bienfaits que l'approche piklerienne de l'éducation peuvent apporter à l'enfant, je vous avais parlé il y a déjà fort longtemps (et ça se passait sous d'autres cieux), de la collection Parent-thèses. Il s'agissait de petits livres d'une soixantaine de pages, se présentant sous forme de questions-réponses, et qui abordaient différents aspects de la vie du très jeune enfant. Les réponses aux questions des futurs ou jeunes parents étaient apportées par des pédiatres et psychologues, tous spécialistes de l'institut Pikler. Quatre ouvrages avaient été édités : 


Dr J. Falk : En attendant bébé
Dr J. Falk et Dr M. Majoros : Les premières semaines de  votre bébé
Dr M. Majoros et A. Tardos : Repas – Repos
Dr J. Falk et A. Tardos : Mouvements libres - Activités autonomes

Ils étaient, à l'époque, vendus par le biais de l'association Pikler. Or, pour des raisons diverses et variées, l'association ne s'occupe plus de la commercialisation de ces ouvrages. Il reste cependant un stock que l'on peut encore acquérir par d'autres fournisseurs. 

Je ne vous cacherais pas que ces petits livres s'adressent en priorité aux parents. Les professionnels aguerris ne découvriront rien de nouveau à la lecture de ces fascicules. Mais je pense sincèrement qu'ils peuvent être une excellente porte d'entrée, simple, rapide et sans risque (2,50 euros l'ouvrage),  dans l'univers piklerien pour toutes les assistantes maternelles qui n'ont pas encore franchi le pas et qui se demandent encore de quoi il s'agit. Ils peuvent être intéressants aussi pour toutes celles qui voudraient avoir un support écrit pour expliquer Pikler et la motricité libre à leurs parents-employeurs. (Cliquez ICI pour lire un extrait d'un des ouvrages).

Pour en revenir au côté commercial de l'affaire, il y a quelques jours, j'ai été en contact, via ma boite mail, avec un psychomotricien de Besançon, adhérent Pikler depuis 2004, qui m'a fourni tous les documents nécessaires pour que vous puissiez commander le ou les ouvrages qui vous intéressent. Vous trouverez tous les renseignements sur la page du site principal consacrée à la collection, mise à jour pour l'occasion :

http://professionassmat.free.fr/parenttheses.htm

Pour toute commande ou demande de renseignements :
Mail de contact : enlo@orange.fr

Par ailleurs, ce psychomotricien a mis en ligne une bibliographie très complète autour de Pikler, la petite enfance, la psychomotricité et la bientraitance. C'est un lien à visiter de toute urgence : 

http://site-collaboratif.com/Petite-Enfance-Psychomotricite

Une mine de renseignements dont je ne tarderais pas à vous reparler !





dimanche 7 avril 2013

Règles, limites et interdits : le cr de la réunion du 4 avril 2013


Le jeudi 4 avril, j'ai eu le plaisir d'assister à la soirée débat organisée par le groupe lyonnais de l'association Pikler Loczy qui avait pour thème

Règles limites et interdits : comment accompagner l'enfant dans le processus d'intégration des règles ? 

Elle était animée par Diana Zumstein (psychologue).

Avant de commencer je voudrais revenir sur le petit bémol que j'avais signalé à l'annonce de la soirée. J'avais, en effet, cru bon de préciser que le thème allait être traité dans une optique de collectivité et qu'il était donc  destiné à un public de professionnels.

Or le sujet a été beaucoup plus général que ne l'annonçait le titre et je pense que les quelques parents présents ont autant apprécié, peut être même plus, que les professionnels qui eux s'étaient déplacés en masse !

Il y avait effectivement un monde fou  à cette soirée, au point que la salle était une nouvelle fois bondée, que les derniers arrivants ont suivi les débats assis par terre, et que la soirée a du débuter avec une bonne demi-heure de retard (ce qui nous a malheureusement privé d'une vidéo).

Après une brève présentation de Véronique SZTARK, (psychologue du groupe lyonnais de l'association) qui s'est excusée pour la situation  et qui nous a expliqué que les soirées ne fonctionnant pas sur un système de réservations, il était difficile de prévoir le nombre de participants, la parole a été donnée à Diana Zumstein.

 Son intervention a été ponctuée par deux vidéos prises dans une crèche, et par le témoignage d'un papa dont j'ai oublié le nom (qu'il me pardonne).

Si tant de monde a répondu présent à cette soirée, c'est que le thème rencontre en ce moment un très grand succès. Beaucoup d'informations circulent sur le sujet par les livres, par internet ; on débat sur l'autorité, sur la fessée ; mais paradoxalement les adultes sont démunis ne sachant finalement que penser. Il y a donc un fort intérêt pour tous les sujets traitant de la transgression des règles et les comportements agressifs au cours de la socialisation primaire (la toute petite enfance avant l'entrée à l'école).

Avant c'était simple : l'autorité faisait loi ! L'enfant ne pouvait pas s'exprimer. Puis il y a eu Mai 68 avec son célèbre : il est interdit d'interdire ! Il n'y avait donc plus de cadres, plus de limites avec les conséquences qui en découlent.

On peut se demander si entre les deux, il n'y aurait pas quelque chose où chacun trouverait sa place. Ce quelque chose s'appelle l'éducation démocratique.

La soirée comme souvent chez Pikler n'était pas faite pour nous donner des solutions toutes faites, prémâchées, que nous n'aurions plus qu'à appliquer pour que, comme par miracle, ça marche, mais pour nous faire réfléchir. Rappelons au passage que l'approche piklerienne de l'éducation n'est pas une "méthode".

Par exemple, on s'est interrogé sur ce que c'était une limite. Lorsque l'on demande à l'enfant une limite, on lui demande d'accepter de refouler un besoin irrépressible. Déjà, nous adultes, on a un peu de mal avec cela et on voudrait que les enfants acceptent tout, tout de suite. Les adultes ont besoin de sanctions (code de la route par exemple) pour accepter les règles. Les enfants aussi mais accepter les règles ne veut pas dire perdre sa volonté. On va parler d'éducation démocratique qui va passer par la valorisation de soi et l'intégration des règles. Pour fonctionner, cela doit être compatible avec les capacités de l'enfant.

La question des règles est indissociable de la notion de socialisation. L'enfant doit :

  • s'intégrer au groupe
  •  accepter volontairement les règles
  • respecter les autres

mais aussi trouver sa place, ce qui nécessite de connaître ses besoins et d'être capable de les exprimer. 

La construction de la personnalité passe par la conscience de lui-même, de ses limites et de l'existence des autres. Il a pour cela des capacités (connaître et communiquer ses besoins). Encore faut-il que les adultes l'écoutent. Par exemple un enfant sait s'il a besoin de dormir ou de manger mais les adultes ne l'écoutent pas forcément.

Dans l'éducation démocratique on tient compte de l'enfant et on lui fait confiance. Prenons l'exemple du repas. D'accord, il y a un cadre : c'est le moment du repas ; mais l'enfant doit pouvoir choisir si il veut manger. Si on le force, il ne comprend plus car il pense que l'on n'a pas entendu son besoin donc qu'il n'a pas été capable de nous le communiquer. Dit comme cela, on se rend bien compte de ce que cela peut induire  chez l'enfant, sur la confiance et l'estime de soi.

Notons au passage que la socialisation primaire ne requière pas la fréquentation d'un groupe d'enfants. C'est la relation affective de confiance entre l'adulte et l'enfant qui facilite le processus d'intégration des règles. La relation doit être sécurisante.

Intégrer une règle (qui sert à protéger la sécurité de l'enfant et des autres), c'est l'avoir à l'intérieur de soi et la gérer soi-même. C'est un processus long et compliqué. Il faut donc s'interroger sur la manière de présenter les règles aux enfants pour qu'ils les acceptent, en tenant compte d'eux.

Les enfants côtoient plusieurs cultures. Parfois les adultes ne sont pas d'accord entre eux. Imaginez alors la difficulté que cela représente pour un enfant. Dans sa première année, il n'y a pas trop de problèmes. Le bébé ne bouge pas, il n'y a donc pas d'interdit. Puis l'enfant commence à se mouvoir : il bouge ! Et là, on commence à dire non. On pose des interdits ou on demande des choses qui parfois sont irréalisables pour les enfants, comme par exemple de partager des jouets au moment où justement ils se rendent compte que les jouets sont à eux. Ils en sont incapables : il n'y a aucune possibilité de partage au début. C'est d'ailleurs pour cela qu'il est judicieux pour une assistante maternelle de se procurer plusieurs jouets identiques : ça évite  d'avoir à partager alors que cette action ne sera possible que plus tard. On peut d'ailleurs noter que même vers 5/6 ans, les enfants ont encore besoin des adultes pour tous les "jeux d'équipes".

Le meilleur moyen de faire comprendre les règles,  c'est de mettre en place un cadre stable, fiable et repérable : instaurer une ritualisation des évènements. L'enfant peut alors anticiper et s'y préparer activement. Il développe ainsi son sentiment de sécurité et de compétence. Il peut ainsi cheminer du pulsionnel au social car on répond à ses différents besoins physiologiques en tenant compte de ses capacités et de ses micro-rythmes personnels :
  • sécurité matérielle et affective (repère) 
  • être reconnu comme un individu (valable et capable) et non pas en tant que groupe
  • possibilité d'agir par soi-même (être actif et acteur)

Pour prendre l'exemple des repas, pourquoi demander à un enfant de manger plus lentement alors qu'il peut avoir envie de manger vite !

Nous avons ensuite visionné une vidéo mettant en scène un petit garçon de 16 mois en pleine séance d'activité libre dans une crèche. Il s'amuse d'abord à lancer un ballon par dessus la barrière qui délimite l'aire de jeu. Il essaye  de le rattraper avec le pied mais il n'y arrive pas. 

Doit-on intervenir et lui rendre son ballon ? En faisant cela on lui signifierait qu'il n'y arrive pas tout seul. Ça n'aurait pas été judicieux d'autant plus que très vite le ballon ne l'intéresse plus et on le voit s'occuper d'abord avec de l'herbe puis avec une panière qu'il lance aussi par dessus la barrière ainsi que différents jouets qu'il essaye avec succès d'ailleurs de placer dans la panière. Il passe ainsi de longues minutes à passer par dessus bord les jouets qu'il trouve sur son passage. La non intervention de l'adulte au départ a permis une chose très importante : l'élaboration d'un projet ! Elle a été possible parce que les jeux mis à sa disposition permettaient de le laisser faire. On aurait été obligé de lui interdire cette action si les jeux présents avaient été plus lourds car ils auraient pu  blesser les autres enfants présents. Là il n'y a aucun danger, on peut donc le laisser faire. Aucun besoin d'interdire !

Éduquer, c'est accompagner l'enfant pour qu'il puisse vivre ses besoins de manière socialement acceptables. C'est le confronter au principe de réalité mais pas au pouvoir de l'adulte. On doit toujours se demander comment on pourrait dire oui plutôt que non, comment on peut limiter mais pas supprimer, car l'enfant ne doit pas avoir l'impression de tout perdre.

A ce moment là de l'exposé, et pour argumenter ses dires, la psychologue nous a donné l'exemple du toboggan et pour faire un petit aparté personnel, je n'étais pas peu fière car ce qu'elle a expliqué correspond exactement à ma "gestion" du toboggan. 

Vous avez du le remarquer, autour du toboggan, on entend souvent dire "Non pas dans ce sens, faut pas monter par là ! C'est fait pour descendre et pas pour monter ! Personnellement je ne trouve pas ça très judicieux d'interdire à un enfant de monter par la pente du toboggan, d'autant plus que pour un tout petit c'est beaucoup plus facile par là et qu'il peut le faire tout seul alors qu'il pourrait avoir besoin d'aide pour monter par les marches. Pourquoi donner cet interdit totalement inutile ? 

L'enfant a bien le droit d'expérimenter l'engin dans le sens qu'il veut. Par contre rien n'empêche d'instaurer quand même une "réglementation" pour que ce soit "socialement" acceptable. Quand il n'y a personne sur le toboggan, on monte comme on veut, quand il y a du monde  on laisse la priorité aux enfants qui sont montés par les marches et qui veulent descendre ! Il ne faut pas créer un embouteillage en haut des marches qui pourraient, lui, s'avérer dangereux.  On ne fait alors que limiter l'utilisation : on ne l'interdit pas !

Nous avons ensuite visionné une deuxième vidéo nous montrant une petite fille pendant un temps de change. Nous avons pu remarquer que durant le change, l'adulte a négocié avec l'enfant plutôt que d'imposer. Le change a été long, sans le moindre énervement de la part de l'adulte alors que la petite fille ne semblait pas très partante au départ. L'adulte a considéré l'enfant comme un partenaire, sans faire à sa place, sans faire de forcing.

Après cette vidéo dont je reparlerai en fin de compte rendu, nous avons enchaîné sur le thème plus général du choix des règles en crèches.

Celles-ci doivent être :
  1. - peu nombreuses : grâce à la manière d'aménager l'espace ;
  2. - constantes : mais il faut les faire évoluer ;
  3. - délimitées : par exemple on ne tape pas sur un copain, mais sur un jeu si on veut ;
  4. -  hiérarchisées avec :
    • les interdits,
    • les règles liées à la vie en communauté
    • les valeurs et les attentes de l'adulte. Ces dernières ne devraient pas faire l'objet de négociation mais plus d'une imprégnation progressive de l'enfant.

S'il n'y avait qu'une chose à retenir de cette réunion c'est à ce stade que nous l'avons abordé : Si l'enfant n'obéit pas, ce n'est pas pour vous embêter ! Il ne vous provoque pas ! Il vérifie que la règle est bien une règle, qu'elle est toujours valable et aussi quel genre de relations la transgression de celle-ci va donner.

Il peut arriver aussi qu'il ne connaisse pas la règle, qu'il soit inquiet, pas bien, qu'il veuille que l'adulte s'intéresse à lui.

Certaines règles sont difficiles. Il faut alors l'aider à les respecter par la négociation.

Pour finir nous avons abordé la question de l'agressivité.

Diana nous a donné la vraie définition de l'agressivité : il s'agit d'un acte intentionnel, volontaire, conscient qui provoque une douleur psychique. Quand on prend cette définition il n'y a donc pas beaucoup de véritable agressivité au cours de la socialisation primaire.

Il faut faire la part des choses entre les mouvements d'agressivité et les mouvements de découverte. Prenons l'exemple d'un bébé qui écrase un autre bébé dans une aire de jeu. Il ne s'agit pas là d'agressivité et nous ne devons intervenir que si l'enfant en fait la demande explicite. Si on intervient trop, l'enfant n'apprend pas à gérer et on est alors obligé d'interdire tout le temps.

L'agressivité peut prendre 2 formes : les décharges de tension qui peuvent être éradicables, et les conflits entre deux individus qui se règlent avec l'éducation.

Elle peut découler de 3 situations :
  • des besoins non satisfaits (sommeil, faim....) en répondant à ses besoins on fait disparaître l'agressivité.
  • quand l'enfant ressent la menace de perdre sa place dans une relation importante
  • quand on gêne l'enfant, qu'on l'empêche d'agir par lui même (il faut donc anticiper)

On pourrait finir par cette phrase : l'agresseur est un enfant en souffrance et non pas un enfant qui fait exprès pour nous embêter !

Il y avait semble-t-il beaucoup de questions après cet exposé mais malheureusement peu de temps pour y répondre.

Une maman a demandé comment elle devait gérer lorsque son enfant ne voulait pas prendre sa douche (opération qui semblait poser des problèmes quotidiens) Elle se demandait notamment si elle devait l'obliger ou céder à l'enfant. Diana lui a fait remarquer que la douche n'était pas obligatoire, que la seule obligation c'était de se laver, qu'elle pouvait donc proposer autre chose à l'enfant pour qu'il accepte de se laver sans pour autant passer par l'étape douche, sans oublier de  lui reproposer régulièrement sans l'obliger.

Une question a porté sur les punitions : punir fait partie de l'éducation autoritaire. Dans l'éducation démocratique on ne punit pas ! Par exemple quand on voit deux enfants qui se battent, on les sépare. Mais cette séparation n'a pas pour but une réflexion ou une punition. C'est simplement pour qu'ils puissent continuer à jouer.

Une personne a voulu revenir sur la deuxième vidéo, celle du change de l'enfant. Il lui semblait totalement impossible qu'en collectivité on consacre autant de temps au change d'un seul bébé (dans la vidéo l'opération dure bien 9 minutes pendant lesquelles l'adulte est donc seul avec un seul enfant, chose qui lui paraissait impossible en accueil collectif). Diana a dit qu'il s'agissait simplement d'une question d'organisation de service et qu'il fallait donc y réfléchir en amont. Elle a demandé à l'assistance si quelqu'un avait des exemples d'organisation à proposer. Le temps nous a manqué pour les réponses. 

Personnellement, je n'ai rien dit car je ne travaille pas en collectivité donc j'aurais été un peu hors sujet mais il se trouve que dans ma pratique, je fonctionne comme sur la vidéo : un change lent, qui ne force jamais l'enfant, qui explique chaque geste qui négocie, qui propose à l'enfant de faire lui même tout ce qu'il est capable de faire comme par exemple d'aller mettre lui-même sa couche dans la poubelle (dans la vidéo, l'enfant montait lui-même sur la table à langer : je ne suis malheureusement pas équipée pour cela !). 

C'est vrai que pendant ce temps là, les autres enfants que j'accueille se gèrent seuls. Une dizaine de minutes sans réelle surveillance ça peut sembler long ! Sauf qu'avant j'ai réfléchi à la chose. J'ai aménagé l'espace de jeu pour qu'il soit sécurisé au maximum : pas d'objets fragiles qui pourraient casser, pas de choses ou de produits dangereux, des jeux à disposition que les enfants, même tout petits, peuvent prendre seuls. Le lieu de change est visible de la salle de jeu (ce qui sécurise les enfants). J'évite de me lancer dans un change quand je sais que je ne vais pas être disponible. J'essaye par exemple de les réaliser pendant que les enfants jouent librement et pas quand on fait une activité dirigée. Je range les jeux qui, je le sais par expérience, sont susceptibles de créer des conflits entre les enfants. Je les préviens que je ne veux pas être dérangée, en précisant à ceux qui n'ont pas de couches que je vais être indisponible pendant quelques minutes et que si ils ont une petite envie, il vaut mieux me demander maintenant. 

Avec les enfants qui sont arrivés à l'état de mini-crevettes chez moi, il n'y a jamais de problème. Ils comprennent très bien parce qu'ils savent comment ça fonctionne l'ayant eux-mêmes expérimenté et ayant été ainsi sécurisés. Il se trouve qu'en ce moment j'ai un enfant qui est arrivé chez moi avec un statut de grand troll. Pour lui c'est moins évident : comme par hasard c'est toujours quand je suis avec un bébé sur la table à langer qu'il a une irrépressible envie d'aller se soulager ! Avant de connaître Pikler, j'aurais bâclé le change du petit pour pouvoir emmener le grand aux toilettes. Peut être même que je me serais mise en colère quand je me serais aperçue que la grosse envie n'était pas réelle. J'aurais peut être même pensé que l'enfant le faisait exprès pour m'embêter, ou par jalousie par rapport au petit, voire par méchanceté. Je sais maintenant d'une part qu'il n'y a pas urgence (qu'il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter) et d'autre part qu'il ne fait pas ça pour m'embêter, qu'il s'assure simplement qu'il bien compris la règle et veut savoir ce qu'il va se passer si il ne la respecte pas. Je continue le change tranquillement en lui précisant que je m'occuperai de lui après quand j'en aurai fini avec le changement de couche du bébé. Je précise que mon grand troll ne s'est jamais roulé par terre de rage après que je lui ai signifié cela.

Sur une question traitant de l'agressivité d'un enfant, j'ai été un peu gênée de voir une réaction assez récurrente je trouve dans le métier qui est d'accuser les parents, de les rendre responsables de cette agressivité soit en la provocant soit en ne tentant rien pour la freiner. C'est un peu facile et complètement inefficace. Devant un enfant agressif et donc en souffrance, on doit s'interroger sur les moyens que l'on doit mettre en oeuvre, nous, pour que l'enfant se sentent mieux. Rejeter la faute sur les parents, c'est plus simple bien sûr mais cela ne résoudra jamais le problème de cet enfant. 

Ainsi s'achève mon compte-rendu. La prochaine réunion du groupe lyonnais de l'association Pikler se déroulera le 20 juin. Elle traitera de l'enfant dans sa 3ème année, avec aux commandes la psychomotricienne Sylvie Lavergne. 


dimanche 10 février 2013

Pikler chez Oum Zaza

Image Oumzaza.fr
Ce sera juste un petit partage de lien pour aujourd'hui. Je l'ai déjà proposé sur la page facebook de ce blog, mais là-bas, les informations partent très vite aux oubliettes et je ne pense pas que la totalité des 800 et quelques membres de la page ait pu en profiter (D'ailleurs au passage, vous avez le droit de nous rejoindre là-bas ou d'amener des copains, histoire de faire bouger le compteur !)

Alors voila, ça se passe chez Oum Zaza (un portail pour les familles musulmanes), ça parle de Pikler et c'est drôlement bien fait. C'est tout à fait complémentaire avec ce que vous pouvez lire ici parce que ça a le mérite d'être fait par quelqu'un qui découvre cette approche et qui du coup met l'accent sur des choses que moi-même j'oublie de vous dire, parce que c'est devenu naturel pour moi ou même parce que ça l'était même avant que je base mon travail sur les travaux de cette pédiatre. 

Pour exemple, je ne citerais que le fait de parler au tout petit de ce que l'on va lui faire. Pour moi, c'est une évidence je l'ai toujours fait, et je n'ai même plus conscience que certains parents pourraient me prendre pour une demeurée en m'écoutant parler. Non pas que je "gagatte" avec le bébé, au contraire : simplement je le préviens de tous les gestes que j'effectue sur lui. Ça n'a l'air de rien et pourtant ça change beaucoup de choses. Et là je pense à toutes les professionnelles qui préconisent de donner des jouets aux bébés pendant qu'on les change. Personnellement je n'en ai pas besoin. Le bébé participe très vite aux opérations, sait ce qu'il va se passer, m'écoute et ne manifeste aucune impatience et aucune peur.

L'article met aussi l'accent sur l'activité libre, autre pilier de l'approche Pikler qui revêt aussi une importance capitale et qui est lié à la qualité des soins que l'enfant reçoit : il joue librement en toute sérénité car il a confiance en l'adulte qui s'occupe de lui.

Je vous laisse visiter, tout est dit là-bas : 


C'est tellement bien fait qu'on leur pardonne la petite faute du début à Pikler et le fait d'employer le mot méthode alors que ce n'est pas véritablement une "méthode" à part entière.





mercredi 26 décembre 2012

Regarder son enfant pour l’aider à grandir...suite

Le compte rendu d'une soirée qui a eu lieu genre plusieurs semaines avant ça vous dit ? Non pas trop hein : ça fait loin ! Tant mieux parce qu'en fait, ça ne sera pas vraiment un compte rendu mais simplement quelques réflexions ou plutôt quelques précisions sur le débat qui s'en est suivi. Enfin bon, pour cela, il faut quand même que je vous dise en quelques mots de quoi il en retournait, afin de rafraîchir la mémoire des personnes présentes et histoire d'intéresser quand même les nouveaux arrivants ici, les absents et les excusés.

Ça se passait donc à la Maison des associations, au 28 rue Denfert Rochereau à Lyon 4. Nous étions le jeudi 22 novembre et c'était organisé par  La cause des parents.  

Il s'agissait d'une soirée débat avec des extraits du film "Entre parents et enfants : à l'aventure de la motricité" C'est aussi pour cela qu'il n'y aura pas vraiment de compte rendu (regarder un film et prendre des notes en même temps est un exercice que je ne maîtrise pas vraiment, et puis d'ailleurs j'ai horreur qu'on me raconte un film... bref !)

Sylvie Mugnier, psychologue clinicienne et formatrice à l'association Pikler était venue présider la soirée. Dans un premier temps, elle nous a présenté brièvement les travaux d'Emmi Pikler et nous a expliqué ce que l'on entendait par "Motricité libre".

Pour rappel, Emmi Pikler était une pédiatre hongroise (9 janvier 1902 Vienne/ 6 juin 1984 à Budapest). "Diplômée de la faculté de médecine de Vienne, elle part s'installer à Budapest. En 1947, on lui propose de prendre la direction de la pouponnière de Lóczy, créée pour les orphelins de guerre. Elle met alors en place une approche éducative et médicale innovante, en posant comme principes la libre activité de l’enfant, son bien-être corporel, la qualité du soin et la relation privilégiée avec l’adulte qui s’en occupe ('référent'). Très vite, la formidable réussite de Lóczy fait école. Et aujourd'hui encore, la philosophie d'Emmi Pikler jouit d'un intérêt grandissant" Les plus perspicaces d'entre vous auront remarqué que je vous l'ai joué à la Houellebecq et que je n'ai fait que recopier Wikipédia. 

La soirée de la cause des parents concernait donc un des trois fondements de la théorie éducative d'Emmi Pikler à savoir la motricité libre. Cela consiste"à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant sans les lui enseigner, (ndlr : on ne met pas le bébé sur le ventre pour qu'il joue si il ne sait pas se retourner tout seul, on n'assoit jamais l'enfant avant qu'il ne le fasse seul, on ne le fait pas marcher en lui tirant les bras) dans un environnement sécurisé. Il se base sur l'idée que aussi bien les contraintes empêchant l'enfant de bouger, que les incitations trop précoces à accomplir des gestes non maîtrisés par l'enfant, retardent son développement ou son autonomie. Utilisée d'abord dans un cadre familial, puis étendue à la pouponnière de Lóczy, cette théorie, novatrice à ses débuts en 1920, est pour partie largement intégrée dans les pratiques éducatives actuelles en France sous l'impulsion de Françoise Dolto, et continue à faire l'objet de recherches complémentaires". (Ainsi s'achève la contribution de Wikipédia à ce billet avec mes remerciements)

Dans un premier temps donc Sylvie Mugnier nous a surtout présenté les différentes étapes posturales du bébé afin que nous puissions mieux apprécier le film et que tout le monde sache comment et où observer pour comprendre l'intérêt des images. Cette présentation avait pour but aussi de prouver que ce n'est pas parce que le bébé n'est pas maintenu assis ou mis debout qu'il n'est pas actif et qu'il ne peut pas jouer. Vous retrouverez toutes ces postures dans la petite vidéo qui suit et si vous voulez aller plus loin vous pouvez aussi, comme Sylvie vous l'a proposé vous procurer le livre "Se mouvoir en liberté dès le premier âge" dont les croquis de cette vidéo sont tirés.






S'en est suivi la projection du film (on les excuse pour les petits incidents techniques au démarrage!) puis d'un débat  durant lequel les participants ont posé d'intéressantes questions auxquelles je n'avais jamais réellement pensé.

Une maman adepte du portage (comme visiblement de nombreuses mamans présentes à la conférence) s'est interrogée sur la compatibilité entre portage et motricité libre. Je la comprends. Cette maman a sans doute choisi de porter son enfant dans une optique de maternage proximal avec pour but de sécuriser son bébé au maximum et de lui apporter confiance et sérénité. On peut comprendre qu'elle soit perplexe quand au fait de laisser son bébé se débrouiller seul sur un tapis de jeu sans prendre part à son apprentissage moteur. Pourtant ce n'est pas incompatible.

D'abord, la motricité libre n'a pas d'intérêt pour un tout petit qui sort à peine de la maternité. Cela ne deviendra intéressant pour lui que dans la mesure où ses progrès lui permettront d'être véritablement actif sur le tapis. Ce n'est que lorsque le bébé commence à découvrir ses mains avec intérêt qu'on peut envisager de lui proposer des séances de motricité à terre sur un tapis. Ça laisse ainsi aux mamans maternantes 3 bons mois durant lesquels elles pourront se livrer à un portage intensif.

Ensuite il ne s'agirait pas de croire que la motricité libre est une méthode d'apprentissage qui a des règles strictes et qui doit être appliquée 24 h sur 24. Nous ne sommes pas à Lóczy et nous cherchons simplement à adapter ce qui peut nous être utile au quotidien. On ne vous demande pas d'abandonner votre enfant au sol tel un vulgaire ver de terre et de ne plus vous en occuper que de loin. C'est simplement un état d'esprit à acquérir, une philosophie à suivre qui vous propose des alternatives. Là ou d'autres personnes vont déposer leur bébé dans un transat pour jouer, ou vont le caler entre des coussins pour qu'il soit assis, vous vous saurez (parce qu'on vous l'a démontré et que vous vous en rendrez vite compte par vous-même) que votre enfant est plus actif si il est couché à plat dos sur un tapis avec autour de lui des objets choisis méticuleusement pour exercer sa curiosité naissante.

Les séances de motricité et d'activité libres doivent être adaptées en longueur aux capacités et à l'intérêt de l'enfant pour l'exercice. Au début ça ne représentera que peu de temps sur une journée entière et ça vous laissera de grandes plages de temps pour le portage.

Peut être certains d'entre vous auront cru que c'était la verticalité qui posait problème (on m'a déjà demandé comment je faisais si je n'asseyais pas les enfants pour les faire roter après le biberon). Ce n'est pas le fait que les enfants soient verticalisés comme dans le portage qui pourrait être néfaste. C'est le fait qu'ils le soient sans être soutenus correctement. Donc oui à la maison, ils ont droit à leur petit rototo puisqu'ils sont soutenus par mes mains et mon corps tout entier, et non à mon sens, le portage, à condition qu'il soit effectué à l'aide d'un système physiologique (pas comme dans un Babybjorn par contre) n'est pas incompatible avec la liberté de se mouvoir. Tout est question de dosage. Une journée est assez longue pour pouvoir jongler entre les deux.

Reste le cas de ces mamans pour qui il est inconcevable de se détacher physiquement de leur petits ne serait-ce que quelques minutes et qui ont choisi (mais est-ce bien un choix  ou cela cache-t-il simplement autre chose ?) d'être des mamans kangourous exclusivement et ce jusqu'à ce que leur enfant soit déjà bien grand. A ces mamans, je proposerai de s'interroger sur le sens étymologique du mot éducation : du latin ex-ducere, guider, conduire hors. Le but de l'éducation n'est-il pas de donner toutes les bases à un enfant pour en faire quelqu'un d'épanoui capable de se détacher de nous et de se débrouiller seul ? Et c'est une personne qui au départ a choisi le métier d'assistante maternelle parce qu'elle était incapable de confier ses enfants à qui que ce soit qui écrit ces mots !

Pour conclure sur cette question, je voudrais aussi signaler que le film ne traitait que de la motricité libre et que nous n'avons donc pas aborder l'autre versant des travaux d'Emmi Pikler qui concerne la qualité des soins apportés au bébé. Sans connaissances sur cette autre partie tout aussi importante de la théorie éducative d'Emmi Pikler, le spectateur non averti peut avoir un peu plus de mal à s'apercevoir que nous nous inscrivons là dans un concept de bientraitance qui est tout à fait compatible avec les valeurs prônées par le maternage proximal.

Ça n'a pas été évoqué lors de la réunion mais je voudrais quand même rajouter que si le couple portage/motricité libre est très bien assorti, je resterais plus dubitative sur le couple couches lavables/motricité libre.

En effet, j'ai pu moi même remarquer que dans certains cas, les couches lavables par leur raideur ou leur épaisseur pouvaient entraver la motricité des bébés qui sont alors gênés au niveau du bassin notamment. Peut être que le problème n'est pas présent pour tous les systèmes de couches lavables. Je n'ai pas assez d'expérience en la matière. il me semble que le problème est d'autant plus important si l'on a choisi un système de couches à taille unique dans lesquelles on est obligé au début de créer des surépaisseurs avec les langes à l'intérieur de la couche. De même, comme les bodys ne sont pas encore prévus pour l'utilisation de ces couches plus imposantes que les couches jetables, ils sont souvent trop serrés et empêchent l'enfant de lever les jambes avec aisance. Peut être aussi que nous manquons encore de confiance face à ces couches lavables et que nous les serrons trop par peur des fuites ! Du coup l'enfant par notre faute se retrouve saucissonné et n'est pas vraiment libre de ses mouvements. Ceci dit son développement est alors retardé de quelques semaines mais le petit finit toujours par trouver une solution quand même ! C'est tellement mignon de voir un tout petit jouer au commando que Nounou est peut être simplement trop pressée !

Une autre question semblait aussi tarauder l'assistance : celle de la sécurité de l'enfant. En effet dans le film, on voit une très jolie séquence où un bébé "rampeur" arrive sans difficulté à descendre une marche non sans avoir au préalable juger de la faisabilité de son action en jaugeant avec son bras pour savoir si il pouvait réellement le faire. Cette scène a bien fait comprendre aux spectateurs que si nous avions peur de ce genre de situation c'était en grande partie parce que nous ne faisions pas confiance à l'enfant et à ses compétences. L'enfant lui maîtrise la situation et le film montre bien que toute intervention de l'adulte est inutile. 

Des mamans ont alors demandé ce qu'il se serait passé si il n'y avait pas eu une marche mais plusieurs. L'enfant n'aurait pas pu se rendre compte de la difficulté et serait alors tombé. Dans le meilleur des cas, l'adulte aurait pu éviter l'accident en empêchant le bébé de se lancer dans cette action et en l'arrêtant avant. Mais dans ce cas, ce qui gênait l'assistance c'était l'incohérence entre le fait de faire confiance à l'enfant et le fait de lui interdire cette action. On ne pouvait pour autant pas le laisser faire, le risque étant trop grand. 

Pour tout dire, cette question me fait un peu peur. Ce n'est pas parce qu'on vous demande de faire confiance à l'enfant qu'il faut le laisser faire tout et n'importe quoi ! Vous avez toujours une obligation de protéger l'enfant des dangers de l'environnement même si vous le laissez se mouvoir en liberté. Il n'est pas question de l'élever tel un enfant sauvage. Par contre c'est à vous de faire en sorte de ne pas être confrontés à cette incohérence entre interdire et laisser faire en anticipant les situations. A vous de réfléchir et de sécuriser les lieux afin que le bébé soit libre de se mouvoir sans risque. L'anticipation basée sur l'observation de votre enfant et de ses capacités est la clé du problème. Il n'est bien évidemment pas question de laisser un petit seul devant un escalier abrupt. Mais à vous de faire en sorte que vous ne soyez jamais obligés de lui interdire. D'ailleurs même Wikipédia vous le dit : la motricité libre se pratique dans un "environnement sécurisé" ! 

Je vais m'arrêter là, j'ai déjà beaucoup parlé et j'ai peur d'avoir déjà perdu des lecteurs en route ! Si vous avez participé à cette soirée et que vous avez des choses à rajouter, je vous invite à le faire par le biais des commentaires.








vendredi 28 septembre 2012

Un lien très intéressant : Regards croisés sur l'enfant (Pikler/Montessori)

Cet article, pour parler franchement je l'écris autant pour vous, amis lecteurs, que pour moi. Pour moi, parce que j'ai peur de perdre l'adresse de l'un des liens les plus intéressants que j'ai pu lire ces temps-ci (d'autant plus, qu'avouons le, je n'ai pas encore eu le temps de tout explorer à fond) et pour vous, car je sais que vous êtes nombreux à avoir réfléchi sur une corrélation entre les approches piklerienne et montessorienne de l'éducation. Notamment, on m'a souvent demandé si la pédagogie Montessori pouvait prendre le relais, voire venir en complément de l'approche Pikler, pour les enfants de plus de 2 ans par exemple.

Après avoir lu  "Éveiller, épanouir, encourager son enfant : la pédagogie Montessori à la maison" j'avais eu un début de réponse que j'avais d'ailleurs retranscrit dans un post consacré à cet ouvrage. J'avais alors noté que, tout comme chez Pikler, la pédagogie Montessori se basait sur une observation intensive de l'enfant et de ses besoins. J'avais bien entendu aussi remarqué que dans les deux approches on visait l'autonomie de l'enfant : cela va de soi.  

Le lien que je vous propose maintenant va vous.... me.... nous permettre d'aller plus loin dans cette démarche. Il propose d'étudier deux écrits, l'un d'une nurse Pikler et l'autre de  Mme Patricia Spinelli, directrice de l’Institut Supérieur Maria Montessori et de mettre en évidence les points de similitude.

Ce lien vous le trouverez chez Montessori "En ce nid" :


Il est aussi publié chez les Vendredis intellos

Bonne lecture !

jeudi 17 mai 2012

De la pertinence du bricolage chez Nounou : Où commence la douce violence ?

Lorsque j'ai proposé mon dernier post présentant des idées de bricolage pour la fête des mères sur la page Facebook du blog, nous avons eu avec une collègue assistante maternelle, un début d'échange très intéressant sur le thème de la douce violence. En effet, pour reprendre les mots de cette personne, on nous dit parfois que le fait de prendre la main de l'enfant et de l'apposer dans de la peinture ou pâte fimo, peut être considéré comme de la "douce violence" puisque celui-ci n'est pas dans la demande ou dans la possibilité de répondre à nos consignes. Du coup, cette jeune collègue ne pratique plus ces prises d'empreinte des mains pour faire un petit souvenir aux parents de peur qu'effectivement cela s'apparente à de "la douce violence".

J'aurais beaucoup aimé que d'autres personnes viennent nous donner leur avis sur la question mais malheureusement, nous sommes restées un peu seules avec notre questionnement. Si notre conversation n'a pas eu un franc succès, c'est peut être tout simplement que de nombreuses collègues assistantes maternelles ne connaissent pas encore ce terme de "Douce Violence".

Donner une définition claire de ce concept n'est pas si aisé que cela car, et c'est bien là le coeur du problème, cela dépend beaucoup de la subjectivité de chaque personne. On peut néanmoins dire qu'on appelle "Douce violence "tous les gestes inappropriés, toutes les pratiques, toutes les paroles imposées à l’enfant, sans le prévenir, souvent dans le but de privilégier les intérêts propres du professionnel par rapport aux intérêts de l'enfant. Tout cela n'est pas réalisé dans le but de faire mal à l'enfant, bien souvent on pense même le faire "pour son bien". Cela représente toujours un contrôle et une domination de l'adulte sur l'enfant qui impose quelque chose parfois contraire au développement du petit. Parmi les douces violences repérables dans les pratiques professionnelles et qui ne laissent que peu de place à la polémique, on peut noter :
  • réveiller un enfant qui dort ou ne pas le coucher parce que ce n'est pas l'heure
  • dire à un enfant qu'il est méchant ou vilain
  • obliger un enfant à manger
  • critiquer un parent devant son enfant........
Il y a aussi toutes celles que je réalisais au début de mon activité en pensant bien faire comme par exemple mélanger tous les ingrédients dans l'assiette de l'enfant sans qu'il en ait fait la demande (je pensais comme cela camoufler le goût de certains aliments, or  je me rends compte maintenant que c'est nuire à l'apprentissage des goûts et renier le droit de l'enfant de préférer ou de refuser certains aliments.

Là où ça se complique, c'est lorsque ce qui a été repéré comme étant potentiellement de douces violences sont en fait pour vous des actes de bientraitance au contraire comme par exemple chez moi, tout ce qui rentre dans des rituels créés pour aider l'enfant à se repérer dans le temps et dans l'espace comme ranger les jouets un peu avant l'arrivée des parents ou bien toujours avoir la même place à table. C'est là que la subjectivité de chacun entre en jeu.

Pour vous faire une idée, je vous invite à parcourir le site  http://douceviolence.free.fr/  qui lui-même vous emmènera vers de possibles lectures sur le sujet.

Qu'en est-il de notre empreinte alors ? Une chose est sûre. L'enfant lui, n'a rien demandé. Il subit sans possibilité de refuser un acte qu'il ne comprend pas, qui n'a aucun intérêt pour lui et qui n'est franchement pas d'une utilité incontournable pour son développement. Mais faut-il aller jusqu'à dire qu'il s'agit d'une "douce violence" ? Personnellement je n'aime pas réaliser ce geste. Si on cumule le fait de contraindre l'enfant et le coup de stress que cela me provoque en pensant que le bébé va peut être avoir la brillante idée de préférer porter la main à sa bouche, je ne vois de plaisir nulle part, sauf peut être, plus tard, dans les yeux de la maman qui va recevoir le présent ! D'ailleurs en réfléchissant, je m'aperçois que depuis que je ne fais plus participer les bébés aux séances de bricolage des grands, je ne fais plus d'empreinte de la main mais plutôt du pied que je réalise au cours du soin/change en l'intégrant à un petit massage sans trop perturber donc, le rituel du change.

Toutefois, je n'irais pas jusqu'à inciter mes collègues à ne plus réaliser ce geste lorsqu'il n'est qu'occasionnel. Je ne pense pas que le fait d'avoir trempé, sans consentement préalable, une fois ou deux la main dans la peinture va faire de l'enfant une rente à vie pour son futur psy. Je préfère de loin les amener à s'interroger de manière plus générale sur l'utilité de faire réaliser des "bricolages" à des tout petits de moins de 2 ans. A mon sens, c'est plutôt là que se situe la douce violence. Je suis toujours gênée quand je vois sur des photos des enfants coincés dans des chaises hautes en train de barbouiller une feuille "aidés" de façon très directive par leur nounou. Je me demande vraiment ce que peut en retirer l'enfant et surtout je pense à toutes les choses beaucoup plus intéressantes pour son développement, qu'il aurait pu réaliser pendant ce temps là. 

C'est vrai que souvent, les parents sont demandeurs d'oeuvres d'art à rapporter à la maison, histoire d'avoir la certitude que le petit ne s'est pas ennuyé chez Nounou. Les assistantes maternelles elles-mêmes, dont moi quand j'ai débuté dans la profession, peuvent avoir l'impression qu'elles ne pourront pas montrer aux parents qu'elles ont travaillé si il n'y a pas de preuve matérielle. Heureusement pour moi, très vite lors de mes recherches sur le net, je suis tombée sur un texte écrit par Josée Lespérance qui vous explique en détail qu'il n'en est rien et qui vous donne des pistes pour vous "désintoxiquer" du bricolage. Le texte se trouve là : 


Vous remarquerez que l'on parle là d'enfants de 18 à 24 mois. Vous jugerez de vous même ce que l'on peut penser du bricolage chez les petits de moins de 18 mois !!